Les ETF ne sont pas tous égaux. Pourtant, beaucoup d’investisseurs croient qu’un MSCI World se suffit à lui-même. Olivier Malteste, directeur des investissements chez Yomoni, rappelle que la réalité est plus complexe. Entre risque de change, concentration sectorielle et frais cachés, le choix d’un ETF demande une vraie rigueur. Dans cet entretien, il dévoile les coulisses de la gestion pilotée et les principes qui guident ses décisions.

Arrivé chez Yomoni il y a un peu plus de trois ans, Olivier Malteste cumule plus de vingt ans d’expérience dans la gestion d’actifs. Après un master en gestion d’actifs à Paris-Dauphine, il débute chez Sinopia, filiale d’HSBC, puis rejoint Lyxor et Amundi. Ce parcours lui a forgé une double compétence : produits structurés et gestion diversifiée, avec une utilisation massive des ETF. Aujourd’hui, il allie les fonctions de chef économiste et de directeur des investissements pour accompagner la croissance de Yomoni, qui compte désormais 55 000 clients.

découvrez l'interview exclusive d'olivier malteste de yomoni, qui vous plonge au cœur des etf, des marchés financiers et des meilleures stratégies d’investissement, expliquées par un chef économiste expert.

Le métier de chef économiste et directeur des investissements chez Yomoni

Les deux fonctions se nourrissent mutuellement. En tant que chef économiste, Olivier Malteste suit les publications économiques et financières pour dégager les grandes tendances et comprendre leurs conséquences sur les marchés. Il insiste sur le rôle pédagogique : « Il ne suffit pas de déléguer sa gestion, il faut aussi comprendre les décisions prises et les remettre en perspective. »

Comme directeur des investissements, il anime les comités d’allocation et de sélection des ETF. Son rôle : faire s’exprimer les équipes et encadrer les décisions. Ce process rigoureux est au cœur de la gestion d’actifs chez Yomoni, où chaque choix est pesé collectivement.

Comment les décisions d’investissement sont-elles prises ?

Le point de départ est macro-économique. Les équipes analysent les zones géographiques, les politiques des banques centrales, le positionnement des marchés et les risques mal intégrés. Olivier Malteste observe que le marché se focalise souvent sur une ou deux thématiques à la fois. L’enjeu est de prendre du recul pour identifier les thèmes émergents.

Une attention particulière est portée aux biais comportementaux. « Quand on a un scénario en tête, on privilégie les informations qui le confirment. Il faut se demander ce que l’on pourrait oublier. » Cette rigueur dans l’analyse économique permet d’éviter les pièges de la pensée de groupe.

Sélection des ETF : bien plus que le coût

Beaucoup pensent qu’il suffit de choisir l’ETF le moins cher. Olivier Malteste corrige : la méthode de réplication, la localisation juridique du fonds, le traitement fiscal des dividendes et la liquidité ont un impact direct sur la performance à long terme. Deux ETF répliquant le même indice peuvent afficher des résultats différents.

Yomoni consacre beaucoup de temps à la sélection puis à la réévaluation régulière des choix, car de nouveaux produits apparaissent constamment. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie d’investissement qui privilégie la diversification et la maîtrise des risques.

  • Réplication physique ou synthétique : impact sur le suivi de l’indice et les frais.
  • Localisation juridique : influence la fiscalité des dividendes pour les investisseurs français.
  • Liquidité : essentielle pour passer des ordres sans décote.
  • Coût total (TER) : à comparer avec la performance nette.
  • Risque de change : un ETF non couvert expose aux fluctuations des devises.

L’ETF MSCI World : diversification réelle ou illusion ?

L’ETF MSCI World est une solution simple et efficace, mais Olivier Malteste met en garde : il implique des décisions d’investissement, notamment sur le risque de change. « L’année dernière, l’écart de performance entre une exposition couverte et non couverte était significatif. »

Il rappelle aussi que le MSCI World reste fortement concentré sur les actions américaines et les grandes valeurs technologiques. Ce n’est pas un problème en soi, mais les investisseurs doivent en avoir pleinement conscience. Une gestion pilotée comme celle de Yomoni ajuste cette exposition en fonction du profil de risque.

Exposition Poids dans MSCI World (estimé) Commentaire
États-Unis ~70% Très forte domination, notamment tech
Europe ~15% Sous-pondérée, croissance plus faible
Japon ~6% Exposition modérée
Autres ~9% Marchés émergents, Canada, Australie

Leçons du terrain : meilleure et pire décision

L’une des meilleures décisions chez Yomoni a été de continuer à croire en l’économie américaine et aux valeurs technologiques, malgré les alertes sur une bulle. Olivier Malteste reste convaincu que l’innovation et l’intelligence artificielle offrent des perspectives importantes. Ce pari a profité aux profils dynamiques, qui ont progressé de plus de 20% sur les douze derniers mois selon les données internes.

La leçon la plus marquante remonte à 2016. Les équipes avaient correctement anticipé le Brexit et l’élection de Donald Trump, mais se sont trompées sur la réaction des marchés. « Même avec le bon scénario, le comportement du marché peut être totalement différent. » Cette expérience a renforcé la discipline : il faut accepter de pouvoir se tromper et rester agile.

Sentiment de marché actuel et positionnement

Pour les profils les plus dynamiques, Yomoni reste investi à 100% en actions. La conviction est qu’il est impossible de prévoir les rebonds, mieux vaut rester exposé plutôt que de risquer de manquer les phases de reprise. Les actions américaines sont privilégiées, tandis que l’Europe est abordée avec plus de prudence en raison d’une croissance plus faible et d’un environnement énergétique moins favorable.

Sur les profils diversifiés, l’équipe est légèrement sous-pondérée en actions et réintroduit progressivement de la duration sur les obligations européennes. Ce positionnement reflète une analyse économique prudente, face aux incertitudes géopolitiques et aux tensions sur les matières premières. Pour ceux qui cherchent à diversifier leurs placements, comparer les offres comme eToro vs Yomoni peut aider à choisir le bon intermédiaire.

Conseils aux investisseurs particuliers

Olivier Malteste insiste sur trois points. D’abord, bien définir son profil de risque : un horizon long ne suffit pas, il faut être capable de supporter psychologiquement les baisses de marché. Ensuite, la diversification reste essentielle, même quand on a une conviction forte. Enfin, il ne faut jamais hésiter à poser des questions. « Derrière les interrogations qui paraissent les plus simples se cachent souvent les concepts les plus fondamentaux. »

La pédagogie est au cœur de la finance personnelle. Que vous soyez débutant ou expérimenté, comprendre les mécanismes des marchés financiers et des ETF vous permettra de mieux naviguer les périodes de volatilité. Pour aller plus loin, découvrez comment les CEO dévoilent leurs secrets de gestion d’actifs.

Commencer à trader avec eToro