L’action Stellantis a subi un choc boursier majeur début 2026, perdant près de 30% en une seule séance. Cette correction brutale, déclenchée par des résultats préliminaires décevants, pose une question cruciale aux investisseurs : cette chute marque-t-elle la fin du cycle ou une opportunité d’achat à un prix déprécié ?

Le choc de février 2026 : comprendre la chute de l’action Stellantis
Le 6 février 2026, la publication des résultats préliminaires du second semestre 2025 a provoqué une onde de choc sur les marchés. Si le chiffre d’affaires, estimé entre 78 et 80 milliards d’euros, et la progression des livraisons de 11% semblaient solides, c’est la ligne de résultat net qui a tout fait basculer. Stellantis a annoncé une perte nette comprise entre 19 et 21 milliards d’euros pour la période.
Cette perte colossale est principalement liée à un vaste plan de « reset » stratégique. Le groupe a comptabilisé environ 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles. Ce montant se décompose en trois postes majeurs : 14,7 milliards pour la révision de ses plans produits, 5,4 milliards d’autres charges opérationnelles (garanties, restructurations), et 2,1 milliards pour le redimensionnement de sa chaîne d’approvisionnement électrique. Ces décisions, bien que présentées comme transitoires pour assainir les comptes et préparer l’avenir, ont été perçues négativement, d’autant qu’elles ont entraîné la suspension du dividende pour 2026.
Une volatilité extrême sur un titre à rendement
La réaction du marché boursier a été immédiate et violente. Pour un titre historiquement apprécié par les investisseurs pour son rendement, l’annonce de la suppression du dividende a constitué un signal extrêmement négatif. Cette volatilité exceptionnelle a effacé des mois de valorisation, ramenant le cours de l’action Stellantis à des niveaux rarement vus depuis sa création en 2021. La liquidité industrielle du groupe, d’environ 46 milliards d’euros, n’a pas suffi à rassurer les porteurs de titres dans l’immédiat.
Analyse des fondamentaux : Stellantis est-il structurellement affaibli ?
Au-delà du choc comptable, il est essentiel d’examiner la santé opérationnelle réelle du constructeur. Stellantis, né de la fusion entre PSA et FCA, demeure un géant avec 14 marques et une position de leader en Europe. En 2025, le groupe a enregistré plus de 2,4 millions d’immatriculations dans l’UE, lui conférant environ 16% de part de marché.
Le contexte du marché automobile en 2025 était marqué par une transition énergétique accélérée. En Europe, les ventes de voitures 100% électriques ont bondi d’environ 30%, représentant 17,4% du marché, tandis que les hybrides atteignaient 34,5%. Cette dynamique, où l’e-mobility s’affirme comme un levier central, place Stellantis face à un défi de repositionnement, notamment face à la concurrence sur les véhicules 100% électriques.
| Indicateur Clé | Données Semestre 2 2025 | Impact |
|---|---|---|
| Chiffre d’Affaires | 78 – 80 Md€ | Stable / en légère progression |
| Résultat Net | -19 à -21 Md€ | Fortement pénalisé par charges exceptionnelles |
| Livraisons | +11% sur un an | Signe de résilience commerciale |
| Free Cash-Flow Industriel | Négatif | Préoccupant à court terme |
| Liquidité Industrielle | ~46 Md€ | Matelas de sécurité important |
Les principaux risques identifiés pour l’investissement
La décision d’investir aujourd’hui doit intégrer plusieurs facteurs de risque :
- Exécution stratégique : La crédibilité du « reset » dépendra de la capacité de Stellantis à traduire ces charges en gains futurs et à rattraper son retard dans l’électrique pur.
- Environnement concurrentiel : La pression reste forte, non seulement des pure players électriques, mais aussi des constructeurs traditionnels comme Renault, qui mènent leur propre transformation.
- Sentiment du marché : La confiance des investisseurs, ébranlée, peut mettre du temps à se rétablir, maintenant une pression vendeuse sur le titre.
- Conjoncture économique : Un ralentissement global pourrait peser sur la demande automobile, compliquant la reprise.
Perspectives boursières : scénarios pour un rebond technique
L’analyse financière technique post-événement appelle à une prudence extrême. Après une telle rupture, les niveaux de support traditionnels sont fragilisés. À court terme, le principal rempart à surveiller se situe autour de 5,44 euros. Une cassure nette et durable de ce niveau ouvrirait la voie à une baisse plus prononcée, avec un prochain seuil technique vers 3,25 euros.
Une opportunité pour les profils à moyen terme ?
Pour les investisseurs à horizon plus long, la forte décote peut présenter un intérêt, mais sous certaines conditions. Une approche par dollar-cost averaging (DCA), consistant à investir des montants fixes à intervalles réguliers, permet de lisser le prix d’acquisition et de ne pas tenter de « timer » le marché au plus bas. Cette stratégie est particulièrement adaptée aux titres traversant une période de forte volatilité.
Le potentiel de rebond existe, mais il sera conditionné par deux éléments : la publication des résultats définitifs le 26 février 2026, qui devra apporter des clarifications, et la capacité de la direction à restaurer la communication avec le marché boursier. Tout signe de stabilisation opérationnelle ou d’avancée dans la transition électrique pourrait servir de catalyseur.
Comment se positionner sur l’action Stellantis en pratique
Pour les investisseurs convaincus par la thèse de revalorisation, plusieurs voies d’accès existent. L’action Stellantis est éligible au PEA, offrant un avantage fiscal notable sur les plus-values après cinq ans. Des courtiers en ligne proposent des conditions d’accès adaptées.
Alternativement, pour diversifier le risque lié à un seul titre, il est possible de considérer des ETF thématiques sur le secteur automobile. Enfin, les traders expérimentés peuvent utiliser des produits dérivés pour spéculer sur la volatilité à court terme, une stratégie qui requiert une maîtrise parfaite du levier et de la gestion du risque.
Dans tous les cas, la situation actuelle exige une vigilance accrue. L’épisode de février 2026 rappelle que même les géants industriels sont soumis à des retournements de marché brutaux. L’investissement dans Stellantis aujourd’hui relève moins d’un pari sur le court terme que d’une conviction sur la capacité du groupe à digérer sa cure et à se réinventer dans l’automobile de demain.





















