Oracle en 2026 : un géant à la croisée des chemins
L’action Oracle traverse une période de turbulence intense. Après un sommet historique en septembre 2025, porté par l’engouement pour l’intelligence artificielle, le titre a subi une correction sévère. Les derniers résultats, publiés en décembre 2025, ont révélé un paradoxe saisissant : une croissance explosive du cloud couplée à des dépenses d’investissement massives qui inquiètent les marchés. Pour les investisseurs, la question est désormais de savoir si cette phase de transition douloureuse prépare un rebond solide ou signale des faiblesses structurelles.

La stratégie cloud et IA d’Oracle : une ambition à haut risque
Pour s’imposer dans le cloud et l’IA, Oracle mise sur une approche agressive en trois axes. Premièrement, le multicloud : l’entreprise déploie sa base de données phare directement chez ses concurrents comme Azure ou AWS, permettant aux clients de moderniser leur infrastructure sans migration complète. Cette stratégie porte ses fruits, avec une consommation multicloud en hausse de 817% sur un an au deuxième trimestre 2026.
Deuxièmement, Oracle se positionne comme un fournisseur d’infrastructure critique pour l’entraînement des modèles d’IA, sécurisant des contrats pluriannuels avec des géants comme OpenAI et Nvidia. Enfin, l’argument prix reste un levier majeur, avec des coûts de transfert de données présentés comme jusqu’à dix fois inférieurs à ceux des hyperscalers. Cette stratégie audacieuse nécessite cependant des investissements colossaux, un pari qui définit aujourd’hui le profil de risque du titre.
Analyse financière : le grand écart entre promesses et réalités
Les résultats du deuxième trimestre fiscal 2026 (clos fin novembre 2025) illustrent parfaitement la dualité de la situation d’Oracle. D’un côté, une croissance spectaculaire de l’infrastructure cloud (IaaS) à +68%, atteignant 4,1 milliards de dollars. De l’autre, le déclin structurel du segment logiciel historique, avec une chute de 21% des ventes de nouvelles licences.
| Segment | Revenus Q2 FY2026 | Part du total | Tendance |
|---|---|---|---|
| Cloud & Licences | 7,98 milliards $ | 49,6% | Croissance forte (+34%) |
| Logiciel | 5,9 milliards $ | 36,7% | Déclin structurel (-3%) |
| Matériel & Services | 2,2 milliards $ | 13,7% | Stable |
Le chiffre le plus marquant reste le carnet de commandes, ou Remaining Performance Obligations (RPO), qui a explosé à 523 milliards de dollars. Cette visibilité exceptionnelle est à double tranchant : elle garantit des revenus futurs mais exige une exécution rapide et coûteuse pour déployer la capacité cloud promise. C’est ce décalage temporel entre les dépenses engagées aujourd’hui (CapEx annuel de 50 milliards de dollars) et la reconnaissance des revenus qui crée une pression sur la trésorerie et alimente les doutes des investisseurs. Comprendre ces dynamiques financières est essentiel pour évaluer toute stratégie d’investissement sur ce titre.
Forces et faiblesses : le bilan d’un géant en transformation
Les atouts d’Oracle restent considérables. L’entreprise bénéficie d’une position de fournisseur stratégique dans l’écosystème de l’IA, d’un portefeuille de contrats à long terme sans précédent, et d’un avantage de coût qui peut séduire les entreprises soucieuses de leur budget. Sa marque, forgée sur des décennies de domination du marché des bases de données, lui confère une crédibilité unique auprès des grandes organisations.
Cependant, les défis sont à la hauteur de ses ambitions. La spirale des investissements en infrastructure crée un fardeau financier immédiat, avec une dette nette avoisinant les 108 milliards de dollars. Le déclin continu du logiciel traditionnel érode une source de revenus stable, tandis que la concurrence avec AWS, Azure et Google Cloud reste féroce. Enfin, l’historique d’Oracle, parfois marqué par des promesses ambitieuses suivies de retards d’exécution, pèse sur la confiance du marché financier.
L’action Oracle en Bourse : analyse technique et perspectives
Sur les graphiques, la tendance pour l’action Oracle est clairement baissière depuis son pic de 345 dollars en septembre 2025. Le titre évolue désormais autour des 177 dollars, ayant perdu près de la moitié de sa valeur. Techniquement, il se trouve sous l’ensemble de ses moyennes mobiles, un signal de faiblesse persistante. Les résistances clés se situent aux alentours de 200 et 220 dollars ; une reconquête durable de ces niveaux serait nécessaire pour envisager un changement de dynamique.
Pour les investisseurs, la question n’est pas seulement de savoir si Oracle réussira sa transformation, mais à quel rythme et avec quelle rentabilité. La phase actuelle est celle de la construction, financée par la dette, avec l’espoir que les revenus du cloud et de l’IA combleront le fossé plus tard. Cette dynamique rappelle celle d’autres géants de la technologie qui ont dû absorber des périodes de lourds investissements, une phase que les investisseurs avisés savent analyser dans le cadre de leurs tendances d’investissement pour 2026.
Comment approcher l’investissement dans Oracle aujourd’hui ?
Décider d’investir dans Oracle en 2026 requiert une approche nuancée et conditionnelle. Il ne s’agit pas d’un pari binaire, mais d’une exposition à calibrer en fonction de signaux observables. Voici les éléments clés à surveiller :
- La conversion du RPO : La capacité d’Oracle à transformer son carnet de commandes record en revenus comptabilisés trimestre après trimestre.
- La maîtrise des dépenses : Toute indication d’un ralentissement dans la croissance des investissements (CapEx) serait perçue positivement.
- La stabilisation du noyau historique : Un ralentissement du déclin du segment logiciel atténuerait les craintes sur l’érosion de la base.
- Les signaux techniques : Une cassure haussière durable au-dessus de la résistance des 200 dollars.
Pour les investisseurs particuliers, l’action Oracle, cotée sous le symbole ORCL, est accessible via un compte-titres ordinaire chez la plupart des courtiers en ligne, mais n’est pas éligible au PEA. Compte tenu de la volatilité actuelle, une approche progressive, en plusieurs paliers, peut permettre de moyenner le prix d’entrée tout en attendant des confirmations fondamentales. Comme pour tout investissement en technologie, diversifier son portefeuille reste une règle d’or pour gérer le risque. L’intelligence artificielle offre des outils puissants pour analyser ces dynamiques complexes et maximiser les investissements en Bourse.





















