Par Robert Hughes

Le produit intérieur brut réel a chuté à un taux annualisé de 4,8 % au premier trimestre, en forte baisse par rapport au taux médiocre de 2,1 % du quatrième trimestre de 2019, la pire performance depuis le dernier trimestre de 2008 où l’économie avait chuté de 8,4 %. Au cours des quatre derniers trimestres, le produit intérieur brut réel n’a augmenté que de 0,3 %, soit le rythme le plus lent depuis le dernier trimestre 2009 (voir le premier graphique). En termes nominaux, le produit intérieur brut a chuté de 3,5 % au premier trimestre, soit une variation de 2,1 % par rapport à l’année précédente (voir le premier graphique).

On s’attendait à une faiblesse au premier trimestre, car l’épidémie de COVID-19 et les réponses du gouvernement, notamment les commandes de logements sur place pour les particuliers et la fermeture d’entreprises non essentielles, ont écrasé le marché du travail et faussé l’activité économique. Le pire de l’impact se produisant vers la fin du premier trimestre et se prolongeant jusqu’au deuxième trimestre, il est presque certain que la production du deuxième trimestre diminuera encore plus qu’au premier trimestre. Il faut s’attendre à ce que le tsunami actuel de données économiques négatives se poursuive au cours des prochains mois.

Les baisses ont été généralisées dans les différents secteurs de l’économie, même si quelques points positifs ont été relevés. Les dépenses de consommation ont fortement diminué au premier trimestre, tombant à un rythme de 7,6 %, contre un taux de croissance de 1,8 % au quatrième trimestre. Cette baisse est le résultat d’une chute importante des dépenses en biens durables (-16,1 %) et en services (-10,2 %), partiellement compensée par les dépenses en biens non durables qui ont augmenté à un rythme de 6,9 % au premier trimestre, contre une baisse de 0,6 % au trimestre précédent (voir le deuxième graphique). Dans le cadre de la hausse des biens non durables, les dépenses en nourriture et boissons ont augmenté de 25,1 % et la catégorie fourre-tout des autres biens non durables a fait un bond de 12,9 %, tandis que les dépenses en vêtements et chaussures ont chuté de 36 % et que les dépenses en essence et autres biens énergétiques ont baissé de 5,5 %. Dans la catégorie des services aux consommateurs, les soins médicaux, le transport, les loisirs, les services de restauration et d’hébergement ont tous affiché des baisses importantes à deux chiffres.

Les investissements des entreprises ont chuté à un taux annualisé de 8,6 % au cours du premier trimestre 2020. Cette baisse est due à une diminution de 15,2 % des dépenses d’équipement, tandis que les dépenses de structures ont chuté de 9,7 % (voir le deuxième graphique). Les investissements en propriété intellectuelle ont augmenté de 0,4 %, contre 2,8 % au trimestre précédent. La hausse du premier trimestre est due à une augmentation de 8,2 % des logiciels, tandis que les dépenses en recherche et développement et en divertissement, ainsi qu’en propriété intellectuelle littéraire et artistique, ont diminué.

L’investissement résidentiel, ou logement, a bondi de 21,0 % au premier trimestre, contre 6,5 % au trimestre précédent. Le logement a augmenté pendant trois trimestres consécutifs, mais il est peu probable que les gains se poursuivent au deuxième trimestre.

Les entreprises ont liquidé leurs stocks au premier trimestre, soustrayant 0,53 point de pourcentage à la croissance du premier trimestre après avoir soustrait 0,98 point de pourcentage au trimestre précédent. La liquidation des stocks a réduit le produit intérieur brut réel pendant quatre trimestres consécutifs.

Les exportations ont diminué à un rythme de 8,7 %, soit 1,02 point de pourcentage de moins, tandis que les importations ont diminué à un taux de 15,3 % (voir le deuxième graphique). Comme les importations comptent comme un élément négatif dans le calcul du produit intérieur brut, une baisse des importations est un élément positif pour la croissance du PIB. Le commerce net, tel qu’il est utilisé dans le calcul du produit intérieur brut, a ajouté 1,3 point de pourcentage à la croissance globale.

Les dépenses publiques ont augmenté à un taux annualisé de 0,7 % au premier trimestre, contre une hausse de 2,5 % au quatrième trimestre, contribuant à la croissance à hauteur de 0,13 point de pourcentage, contre 0,44 point au dernier trimestre de l’année dernière. Sur ce total, les dépenses du gouvernement fédéral ont augmenté de 1,7 %, tandis que celles des États et des collectivités locales ont augmenté de 0,1 % (voir le deuxième graphique).

Les ventes finales réelles aux acheteurs privés nationaux, une mesure clé de la demande intérieure privée, ont chuté à un faible taux annualisé de 6,6 % au premier trimestre, contre une hausse de 1,4 % au quatrième trimestre. Au cours des quatre derniers trimestres, la demande intérieure privée réelle est restée inchangée.

Les mesures des prix à la consommation ont été modérées au premier trimestre. L’indice des prix à la consommation des particuliers a augmenté à un taux annualisé de 1,3 %, contre 1,4 % au quatrième trimestre. Par rapport à l’année dernière, l’indice a augmenté de 1,6 %, bien en dessous de l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale. Si l’on exclut les catégories volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’indice de base des dépenses de consommation personnelle (PCE) a augmenté à un rythme de 1,8 %. Par rapport à l’année dernière, l’indice PCE de base a augmenté de 1,8 % et se situe à 2 % ou moins depuis 2012.

Dans l’ensemble, l’économie est probablement entrée en récession en mars, mettant fin à une expansion record. Le premier trimestre a été marqué par une chute du produit intérieur brut réel, une hausse du chômage et un effondrement des attitudes des consommateurs. Il faut s’attendre à ce que le tsunami actuel de données économiques négatives se poursuive au cours des prochains mois.

Poste original

Note de l’éditeur : Les puces de résumé de cet article ont été choisies par les rédacteurs de Seeking Alpha.


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