Alors que les négociations qui ont repris le 3 août 2019 entre les USA et les Talibans promettaient déjà des résultats favorables à un accord de paix, le cessez le feu réclamé par Trump n’a pas été respecté. En effet, de nombreux attentats, dont deux à Kaboul, ont notamment entraîné la mort d’un Américain.

Cela a convaincu le président US à mettre un terme aux discussions qui devaient bientôt arriver à un compromis et le rapatriement des 14 000 soldats américains qui y sont déployés. Cette décision a été fortement critiquée par les Talibans, lesquels annoncent que de lourdes pertes de vies humaines vont s’ensuivre, particulièrement du côté des Américains.

La guerre américaine en Afghanistan se prolonge encore

Malgré que les USA mènent actuellement la plus longue guerre de leur Histoire en Afghanistan, la nouvelle de la rupture des négociations assombrit encore plus la situation dans le pays islamique. Trump a annoncé dans la soirée du 7 septembre que les discussions vont cesser et que les troupes américaines ne se retireront pas encore de la zone d’occupation.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center, 14 000 soldats américains ont été envoyés en Afghanistan pour lutter contre les groupes terroristes des Talibans Afghans et d’Al-Qaïda.

La présence militaire américaine en Afghanistan

Bien que les USA aient annoncé le retrait de leurs troupes après que le chef terroriste Houssama Ben Laden ait été abattu en 2011, 14 000 soldats américains sont toujours réquisitionnés dans cette longue guerre. En effet, les USA veulent avant tout renforcer leur présence dans cette région stratégique qui fait office de pont entre l’Asie et le Moyen-Orient.

Pour cela, ils veulent aider le gouvernement de l’Alliance du Nord à contraindre les Talibans afghans à poser les armes et à se soumettre. Ces derniers exigent cependant que les troupes étrangères se retirent, comme condition à la mise en place d’un environnement de paix dans le pays. Les USA ont par contre exigé que les négociations soient réalisées parallèlement à un cessez le feu. Malgré cela, les actes de violence et les attaques se sont poursuivies.

Depuis 2001, les USA ont dépensé 45 milliards de dollars par an, soit un total de près de 1 000 milliards de dollars actuellement. Parmi les exigences américaines, les Talibans doivent également cesser toutes relations avec les djihadistes d’Al-Qaïda. La huitième tractation des négociations a eu lieu le 3 août à Doha et Trump semblait sur le point d’établir un accord avec le gouvernement en place, les Talibans et les partis politiques existants sur le territoire.

Si le président US voulait qu’un accord de paix soit signé avant les prochaines élections présidentielles du 28 septembre, les progrès réalisés sont sur le point d’être mis à néant. En effet, il a annulé l’entretien qui devait avoir lieu samedi dernier à Camp David avec les dirigeants des Talibans afghans. En effet, ces derniers ont déclaré être à l’origine d’un attentat à la bombe, qui a tué 12 personnes la semaine dernière, dont un Américain.

Les Talibans menacent Trump après la rupture des négociations

Selon l’ONU, le mois de juillet a été la période la plus sanglante que l’Afghanistan ait traversé depuis 2017 et ce malgré les pourparlers en cours. Selon l’émissaire américain Zalmay Khalilzad chargé des discussions, l’entente prévoyait le retrait progressif des troupes US, en les réduisant à 8 000 dans un premier temps. En annulant la rencontre qui était prévu samedi, Trump explique qu’il remet en doute la fiabilité d’un accord avec un mouvement armé qui ne respecte même pas les conditions de cesser le feu et que le gouvernement afghan peine à contrôler.

Face à cette rupture des discussions, le porte-parole des Talibans Zabihullah Mujahid prévoit que la situation va maintenant s’empirer et entraîner plus de pertes humaines, surtout américaines. Il affirme également que le président américain est hostile à la paix et souligne sa perte de crédibilité après plusieurs mois de négociations menées à Doha.

L’Afghanistan en proie à une guerre civile

La décision de Donald Trump de mettre fin aux négociations de paix en Afghanistan est surtout été motivée par les attentats-suicides perpétrées à Kaboul par les Talibans. Ces derniers ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement de Kaboul dirigé par le président afghan Ashref Ghani, qu’ils accusent d’être soumis aux USA. C’est notamment pour cette raison qu’ils n’ont pas respecté la trêve qui conditionne les négociations et que Trump les soupçonne de ne pas vouloir rompre leurs liens avec Al-Qaïda.

Près de 4 000 personnes civiles ont été blessés ou tuées durant le premier semestre 2019 et le bilan risque de s’alourdir dans le cas où les USA et l’OTAN retirent leurs troupes, prévient Zalmay Khalilzad. D’ailleurs, les Talibans ne veulent pas discuter avec le gouvernement de Kaboul, qui ne peut ainsi pas prendre part aux négociations. Les prochaines élections présidentielles du 28 septembre permettront à Ghani d’accéder à son deuxième mandat, mais la situation peut entraver l’organisation de l’évènement.

En effet, l’occupation des Talibans s’est nouvellement étendue dans le nord, après des offensives à Pul-e-Khumri et Kunduz. Selon neuf anciens ambassadeurs américains qui ont été affectés en Afghanistan, une guerre civile risque de survenir dans le cas où un accord de paix conclu avec les Talibans contraint aux USA de réduire sa présence militaire afghane. C’est peut-être l’une des autres raisons pour lesquelles Trump s’est ravisé concernant les négociations avec le mouvement armé des Talibans.

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