En raison de la pandémie COVID-19, environ la moitié de la population mondiale est en mode confiné. Comme la plupart des gens limitent leurs voyages et leurs loisirs, l’industrie des croisières est vraiment en mauvaise posture, avec peu de passagers et peu de revenus pendant cette période de confinement. Les investisseurs sont tellement pessimistes qu’ils se débarrassent des actions de nombreuses compagnies de croisières, dont Carnival Corporation (CCL). Depuis le début de l’année, le cours de l’action de Carnival est passé de 50,8 dollars par action à seulement 12,58 dollars par action au moment où nous écrivons ces lignes. Au début, nous étions également pessimistes quant à l’avenir de la compagnie. Cependant, plus nous nous y intéressons, plus nous sommes enthousiastes. Lorsque l’économie se redressera, Carnival pourra offrir aux actionnaires de nombreux avantages.

Le Carnaval a réussi à lever des liquidités

Le cours de l’action de Carnival a plongé à son plus bas niveau en 20 ans, effaçant tous les rendements des actionnaires depuis 2000. Alors que le S&P 500 a chuté de 11 %, Carnival a perdu plus de 75 % de sa valeur en bourse.

Source : YCharts

Carnival a utilisé un levier raisonnable dans son bilan. En février 2020, Carnival avait environ 1 milliard de dollars de dettes à court terme, 2,2 milliards de dollars de dettes à long terme à court terme et 9,74 milliards de dollars de dettes à long terme, tandis que ses capitaux propres s’élevaient à 24,29 milliards de dollars. Ainsi, le ratio dette financière/fonds propres était à un niveau raisonnable de 0,57x. Son encaisse de 1,34 milliard de dollars a plus que compensé la dette à court terme. En outre, les échéances de la dette à long terme s’échelonnent de 2020 à 2031.

Source : Dépôt du dossier 10-K de Carnival

Bien que le siège social de Carnival se trouve aux États-Unis, l’entreprise est constituée au Panama, en dehors des États-Unis. Par conséquent, elle n’est pas éligible à l’aide prévue par la loi CARES. Toutefois, l’entreprise s’est efforcée d’obtenir davantage de liquidités sur les marchés des actions et de la dette. Elle a réussi à lever 6,45 milliards de dollars, dont 4 milliards de dollars de billets de premier rang garantis à 11,5 % échéant en 2023, 1,95 milliard de dollars de billets de premier rang convertibles à 5,75 % échéant en 2023, au prix de conversion de 10 dollars par action, et 500 millions de dollars provenant de la vente de 62,5 millions d’actions à 8 dollars par action.

Dans le cadre de l’offre d’actions, le Fonds d’investissement public, le fonds souverain du Royaume d’Arabie saoudite, a acheté plus de 43,5 millions d’actions, détenant 8,2 % de la société totale. Le directeur Randall J. Weisenburger a également investi 10 millions de dollars pour acheter 1,25 million d’actions de la société à 8 dollars l’action. C’est un achat assez important en tant que directeur d’une société.

L’analyste James Hardiman de Wedbush a estimé que le Carnaval brûle environ 500 millions de dollars par mois, soit 6 milliards de dollars pour les douze prochains mois. La consommation d’argent doit être compensée par les recettes des croisières. Si les croisières de Carnival ne partent pas de sitôt, il est judicieux que la compagnie réduise encore ses coûts, notamment en diminuant le nombre d’employés afin d’atténuer la pression sur les liquidités. Nous estimons que la consommation de liquidités devrait rester aux alentours de 3 milliards de dollars au cours des douze prochains mois.

Au cours de l’exercice 2019, le Carnaval a dû payer environ 206 millions de dollars de frais d’intérêt. Au cours des douze prochains mois, outre les paiements d’intérêts similaires sur l’ancienne dette, Carnival doit engager des frais d’intérêts supplémentaires de 572 millions de dollars sur la nouvelle dette, ce qui porte les frais d’intérêts annuels à près de 780 millions de dollars. En incluant environ 2 milliards de dollars de remboursement de la dette, le total des liquidités potentielles nécessaires pour les douze prochains mois s’élève à 5,78 milliards de dollars, soit beaucoup moins que la trésorerie actuelle de 7,8 milliards de dollars après sa récente augmentation de capital.

Nous supposons qu’en 2022, la pandémie de COVID-19 sera derrière nous et que tout rentrera dans l’ordre. D’ici là, le Carnaval générerait environ 90 % des revenus d’exploitation de 2019. Comme le cours actuel est déjà supérieur au prix de conversion de ses obligations convertibles de premier rang à 5,75 %, nous supposons que ces obligations convertibles seraient entièrement converties en actions ordinaires. En conséquence, le nombre total d’actions en circulation passerait à 954,9 millions d’actions. Au cours des cinq dernières années, le ratio C/B moyen de l’entreprise a été de 16 fois, mais nous utilisons de manière prudente un ratio de 10 fois seulement.

Source : Calcul de l’auteur

D’ici 2022, notre calcul d’évaluation estime que la juste valeur de Carnival serait d’environ 23,4 dollars, soit une hausse de 86 % par rapport au prix actuel du marché.

Toutefois, il existe un risque potentiel auquel les investisseurs doivent prêter attention. Il s’agit de l’imprévisibilité des effets négatifs de COVID-19 sur l’économie et du moment du verrouillage. Personne ne sait combien de temps durera le verrouillage. Plus il sera long, plus il affectera les performances opérationnelles de l’entreprise et sa situation de liquidité. Dans ce cas, Carnival pourrait devoir lever davantage de fonds propres, ce qui diluerait encore plus les actionnaires existants, et/ou contracter davantage de dettes, ce qui affaiblirait encore le bilan de l’entreprise.

Conclusion

Grâce à la récente levée de fonds réussie, Carnival dispose de suffisamment de liquidités pour survivre au cours des douze prochains mois. Parce que la société a pour actionnaire le fonds souverain d’Arabie Saoudite, et non un créancier, nous pensons que Carnival peut lever davantage de fonds si la situation à court terme s’aggrave. Le Fonds d’investissement public ne laisserait pas l’entreprise faire faillite. Si nous pouvons revenir à la normale d’ici 2022, Carnival pourrait atteindre 23,41 dollars par action.

Divulgation : Je n’ai/nous n’avons aucune position sur les titres mentionnés, mais je peux/nous pouvons prendre une position longue sur le CCL au cours des 72 prochaines heures. J’ai écrit cet article moi-même, et il exprime mes propres opinions. Je ne reçois aucune compensation pour cela (autre que celle de Seeking Alpha). Je n’ai aucune relation d’affaires avec une entreprise dont les actions sont mentionnées dans cet article.


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