Après la chute de 37 % des marchés boursiers la plus rapide jamais enregistrée (du 19 février au 23 mars), les opérations de couverture à découvert et d’achat à découvert ont connu un fort rebond en avril. Le regret des pertes s’est vite transformé en crainte de manquer des gains, les actifs à risque ayant repris du poil de la bête et les spéculateurs s’étant empilés. Il est important de comprendre que les rebonds spectaculaires sont typiques des canaux baissiers du marché. Gary Shilling, dans son article de mai 2020, rappelle les reprises à contre-courant du tristement célèbre marché baissier de 1929 à 1992, comme suit

Le Dow Jones Industrial Average a atteint un sommet de 381 le 3 septembre 1929, puis a chuté de 48% à 199, un peu plus de deux mois plus tard, le 13 novembre. Beaucoup pensaient que ce déclin avait corrigé les excès des années 1920 et s’était précipité sur les stocks, qui ont remonté de 48% jusqu’au 17 avril 1930. Bien sûr, la hausse de 48 % n’a pas compensé la baisse précédente de 48 %, de sorte que le Dow Jones était alors de 294 et que la hausse n’avait compensé que 52 % de la perte précédente… En avril 1930, la dépression qui se développait a tué tous les espoirs d’un véritable marché haussier, car le taux de chômage est passé de presque zéro en 1929 à 25 % en 1933. La précédente reprise des actions s’est avérée n’être qu’un simple rallye du marché baissier et les actions ont encore chuté de 86 % pour atteindre leur dernier creux de 41 le 8 juillet 1932, un plongeon par rapport au sommet de 89 % de septembre 1929.

Le krach de 1929 est sûrement une aberration. Nous l’espérons ! Mais il est indéniable que nous sommes aujourd’hui en proie à la plus profonde contraction économique depuis au moins un siècle. Et nous y sommes entrés, avec la dette et le levier financier les plus élevés jamais enregistrés. Si cet effet de levier a amplifié l’appréciation des actifs dans la “bulle du tout” de la dernière décennie, il est également certain qu’il amplifiera les pertes en cours de route. C’est ainsi que fonctionne l’effet de levier.

La propagation du coronavirus nous a donné un cours de recyclage sur les mathématiques exponentielles. Les marchés aux ours nous apprennent les mathématiques de la perte. Une perte de 50 % suivie d’un gain de 50 % équivaut à 25 % de moins que là où nous avons commencé. Une perte de 70 % suivie d’un rebond de 100 % nous laisse 40 % dans le rouge.

Soyons plus granuleux. Les sociétés financières canadiennes représentent environ un tiers de l’indice général du marché canadien, que la majorité des fonds et des gestionnaires ont pour mandat de poursuivre. Pour cette raison, et parce que les Canadiens aiment leur seigneurs de la dette les banques, il n’y a pas de secteur dans lequel les investisseurs canadiens sont plus surpondérés que les financiers. Ainsi, la perte de 37 % des actions financières entre février et mars (comme le montre le graphique de mon partenaire Cory Venable ci-dessous) a frappé de plein fouet les investisseurs canadiens, et le rebond de 16 % au 29 avril a été un soulagement largement ressenti. La suite des événements est également d’une grande importance pour les masses.

Malheureusement, l’impact risque d’être négatif. Comme le montre le graphique ci-dessous, la hausse de 15 % entre mars et mai 2008 n’est que l’une des trois hausses à contre-courant de la baisse globale de 57 % des valeurs financières canadiennes lors du dernier marché baissier. Chaque rallye a offert une autre sortie de secours d’un bâtiment en feu.
Au cours du dernier cycle, les problèmes se sont concentrés sur le marché immobilier américain et les prêts à risque. Cette fois, le coronavirus touche tous les secteurs dans le monde entier, et le Canada est plus exposé au risque en raison d’un endettement record des ménages et des entreprises, ainsi que d’une bulle immobilière et d’un krach pétrolier. Pour prospérer malgré cette calamité, il faudra prendre des mesures d’auto-préservation.

Divulgation : Aucune position.

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Note de l’éditeur : Les puces de résumé de cet article ont été choisies par les rédacteurs de Seeking Alpha.


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