Depuis onze semaines, des manifestations violentes ont lieu à Hong Kong. Elles mobilisent des dizaines de milliers de personnes pour la préservation des avantages dont profite la région à cause de son statut de région en administration spéciale.

En effet, ce statut permet à Hong Kong de bénéficier d’une certaine autonomie et ses habitants profitent d’un plus grand respect de leur liberté individuelle et d’expression. Cette administration spéciale permet aussi à cette province chinoise de disposer de son propre gouvernement et système judiciaire.

Actuellement, l’autorité centrale de Pékin tend à resserrer son contrôle et son autorité sur la région, d’où l’empressement des habitants à manifester pour exprimer leur contestation.

Les chinois de Hong Kong mènent une lutte pour leur liberté et l’état de droit

Le régime socialiste chinois actuel est connu pour sa politique autoritaire au niveau de son territoire. Les censures à la liberté d’expression, ainsi que les règles qui entravent les libertés individuelles ne s’appliquent néanmoins pas aux habitants de Hong Kong. Ces derniers veulent protéger cet avantage, dont ils profitent depuis la rétrocession de la région par la Grande-Bretagne à la Chine en 1997.

Hong Kong, une région chinoise d’administration spéciale

Ex-colonie britannique de part la défaite de l’Empire du Milieu lors de sa guerre contre l’Angleterre en 1895, Hong Kong a été rétrocédé à la Chine le 1er juillet 1997. Ce processus de rétrocession est intégré dans le traité concernant le bail de 99 ans sur les nouveaux territoires britanniques, mais engage Pékin à respecter certaines conditions.

Entre autre, la République populaire de Chine a accepté de conserver pendant 50 ans, le système législatif et économique qui distinguent le style de vie des habitants de Hong Kong. Cet engagement a été signé par les deux pays le 19 Décembre 1984. Ainsi, le système capitaliste britannique est prévu à être maintenu dans la région jusqu’en 2047.

Néanmoins, cette formule est critiquée par Pékin depuis quelques années, et l’autorité centrale veut récupérer sa main mise sur l’ensemble de la Chine. Cette volonté se manifeste la première fois en septembre 2018, lorsque Pékin interdit le parti national de Hong Kong.

Des manifestations monstres à Hong Kong

Au moins de juin 2019, Pékin a lancé un projet de loi qui permet d’extrader les fugitifs hongkongais vers la Chine continentale. Cet amendement a provoqué la protestation de l’opinion publique et la descente de milliers de manifestants dans les rues de Hong Kong. Près d’une centaine d’ONG ont également interpellé Pékin pour retirer ce projet législatif qui menace le statut d’administration spéciale de la région et ses valeurs.

Depuis plusieurs semaines, les rues de Hong Kong ont été témoins de confrontations violentes entre certains radicaux et les forces de l’ordre. De nombreux locaux et biens publics ont été saccagés durant ces évènements. Les observateurs internationaux ont même craint que Pékin ne fasse usage de la force pour réprimer les manifestants, car l’armée chinoise s’est déjà attroupée aux alentours de la région, dont à Shenzhen.

Le 09 juillet, le chef exécutif du gouvernement hongkongais Carrie Lam, a annoncé l’abandon du projet de loi, mais les manifestations se sont élargies à des réclamations plus larges pour réclamer entre autre l’arrêt des tentatives d’entraves aux libertés de la région.

Hong Kong, au centre de l’attention mondiale

La suspension du projet de loi sur l’extradition par les autorités a été surtout motivée par le but d’apaiser l’opinion publique et les pressions internationales. Les militants pour la préservation de la démocratie au sein du centre financier asiatique réclament surtout l’abandon du projet de loi en plus d’autres revendications.

Des manifestations plus massives avec plus de revendications

Les habitants ont également perdu confiance en la chef du gouvernement local Carrie Lam et réclament la démission de cette dernière. Ils revendiquent également l’établissement d’un suffrage universel réel et accusent l’ingérence de la Chine continentale dans les affaires de la région autonome.

Ainsi, le dimanche 18 Août, plus de 1,7 millions de personnes ont mené une manifestation pacifique pour soutenir ces revendications. Cette masse populaire réclame aussi que des enquêtes soient conduites concernant les violences menées par les forces de l’ordre durant les précédentes manifestations.

De nombreuses autres grèves et regroupements sont ainsi prévus durant les prochaines semaines dans les rues de Hong Kong. Des incidents violents ont néanmoins eu lieu après la manifestation massive pacifique et de nombreux vols ont même été annulés suite à l’occupation de l’aéroport international.

Les USA lancent un ultimatum à la Chine

Donald Trump s’est clairement exprimé dans un tweet, pour déclarer que le règlement du conflit commercial entre les USA et la Chine dépendrait, entre autre, de la situation à Hong Kong. Il invite ainsi Pékin à trouver une solution humanitaire aux revendications des habitants de la région et d’éviter les mesures de répressions violentes.

En effet, dans le cas où le gouvernement central opterait pour l’usage de la force contre les militants, il serait probable que le congrès américain refuse toute entente commerciale avec la Chine. Pour sa part, Facebook a déclaré avoir supprimés plus de 1000 comptes coordonnés par Pékin pour dénigrer le mouvement pro-démocrate hongkongais.

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