Pour Boris Johnson, le successeur de Theresa May au poste de Premier Ministre britannique, un Brexit sans accord semble inévitable. En effet, les négociations pour modifier les termes de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne n’ont pour le moment pas encore abouti avec Bruxelles, la capitale européenne. La date du retrait est néanmoins déjà fixée au 31 octobre et le brexiter Boris Johnson déclare maintenir cette échéance, peu importe l’évolution des discussions avec l’UE.

Selon les analystes, un no-deal serait cependant très dommageables pour la Grande Bretagne. En effet, les conséquences économiques d’un tel processus pourraient entraîner la faillite de nombreuses entreprises et la pénurie d’un large éventail de produits de consommation.

Le gouvernement prévoit quelques plans de sauvegarde rassemblés dans un projet nommé Yellowhammer pour éviter la crise. Il soutient également que de nombreuses prédictions sont trop alarmistes.

De lourdes inquiétudes initiées par un Brexit sans accord

L’actuel moment de faiblesse de l’économie britannique est sans aucun doute lié aux craintes et incertitudes engendrées par l’approche d’un hard Brexit. Cette issue est notamment probable à cause du refus de la communauté européenne de renégocier les termes du contrat de sortie. L’UE veut notamment préserver la politique du marché unique, grâce aux termes du backstop qui prévoit le non-rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Une crise économique en vue après le hard Brexit

L’absence d’accords entre le Royaume-Uni et le bloc européen risque certainement d’être suivie par des conséquences dramatiques pour l’économie britannique. Actuellement, les derniers rapports indiquent que les reports successifs du processus ont déjà entraîné un ralentissement des secteurs de l’industrie manufacturière et de la construction.

En effet, selon l’Office Nationale des Statistiques (ONS), la production industrielle du pays a baissé de 1,4% et le secteur de la construction a connu une chute de 1,3% à cause des incertitudes sur les prix de l’immobilier. Les prévisions de la Banque d’Angleterre (BoE) sont également revues à la baisse. La croissance économique chuterait à 1,3% pour 2020 au lieu des 1,6% prévus au mois de mai.

Par ailleurs, l’absence d’accords commerciaux entraînerait également le départ de nombreux acteurs de l’industrie, dont entre autre de l’automobile et de l’aérospatiale, et se refléterait par une hausse du taux de chômage estimé à 7,5% après le Brexit.

De nombreuses institutions financières mondiales ont également émis leurs prévisions dans le cas d’un no-deal et annoncent une chute de 17% de la devise britannique, ainsi qu’une baisse de 5,5% du PIB national. Pour leurs parts, les investisseurs craignent aussi de perdre une grande partie de leurs finances à hauteur de 3%, ainsi que la même proportion de leurs masses salariales.

Un Brexit sans accord va entraver les échanges commerciaux avec le bloc européen

Si des accords ne sont pas conclus pour la réalisation du Brexit, le commerce du Royaume-Uni avec le reste de l’Europe risque d’en pâtir. En effet, cette issue sera notamment accompagnée par un renforcement des contrôles douaniers et d’une augmentation des tarifs d’import-export.

Cette sortie brutale de l’UE sera également accompagnée par le rétablissement d’une frontière physique avec la province de l’Irlande du Nord où des contrôles seront également mis en place. Ces contrôles généralisés accompagnés par la hausse des droits de douanes ralentiront les trafics au niveau du tunnel sous la Manche, des aéroports, des ports et de la frontière irlandaise qui est traversée chaque jour par 2 500 personnes.

A noter également que 31% des productions de l’Irlande du Nord sont exportés vers la République d’Irlande. Ainsi, selon les prévisions, 85% du trafic de la Manche seront retardés par les contrôles. Une pénurie d’une durée de 3 mois inquiète ainsi les économistes, à cause des blocages et la baisse des trafics des camions. Ces derniers approvisionnent le Royaume-Uni en médicaments, essence, nourritures et autres produits d’importation. Par ailleurs, les hausses des taxes douanières vont affecter les volumes des importations, ainsi que les prix dans les commerces.

Le gouvernement de Boris Johnson veut apaiser les inquiétudes liées à un no-deal avec l’UE

Le Ministre Michael Gove, qui est l’un des principaux préparateurs du Brexit, déclare que d’importantes mesures ont été étudiées pour limiter les conséquences d’un no-deal. Il déclare également que les prévisions du gouvernement tiennent compte du pire des situations et garantissent ainsi des programmes de sauvetage pleinement efficaces pour éviter une crise profonde ou prolongée après la séparation avec l’UE.

Le Ministre de l’énergie britannique Kwasi Kwarteng soutient également que le pays est tout à fait prêt pour traverser le processus du Brexit à la date prévue du 31 octobre. Il fait notamment référence au programme Yellowhammer qui prévoit des solutions pour éviter l’effondrement des infrastructures économiques britanniques.

Boris Johnson a également étudié la mise en place d’un projet de financement des entreprises pour aider ces dernières à traverser le divorce et éviter leurs faillites. Cette opération nommée Kingfisher permettrait de constituer des fonds de plusieurs milliards de Livres Sterling, pour aider les sociétés notamment à absorber les hausses des taxes d’import-export. Elle concerne surtout les grandes firmes manufacturières et immobilières.

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