Le programme de protection des chèques de paie du gouvernement américain accorde des prêts-subventions aux petites entreprises, principalement pour payer leurs employés pendant l’arrêt soudain actuel. L’annonce qu’il n’y a plus d’argent est plus qu’un gros revers pour le bien-être de l’économie. C’est aussi une grave entrave à la santé et, contrairement à de nombreuses préoccupations connexes, elle peut et doit être traitée rapidement.

L’un des principaux risques du verrouillage imposé par le coronavirus est d’imposer un choix sans gagnant à des entreprises qui ne sont pas viables : Continuer à payer le personnel et, si le verrouillage dure trop longtemps, manquer de liquidités et faire faillite ; ou bien laisser les employés partir et leur imposer plus de douleur et de souffrance, rompre les contrats sociaux établis de longue date et contribuer au sentiment général d’insécurité.

Pour résoudre ce problème de manière à ce que tout le monde y gagne (employés, entreprises et communautés), la Maison Blanche et le Congrès ont approuvé le mois dernier un programme de 349 milliards de dollars destiné à accorder des prêts concessionnels (à un taux d’intérêt de 1 %) aux entreprises comptant 500 travailleurs ou moins. Les prêts sont remboursables si au moins les trois quarts des recettes servent à couvrir les coûts salariaux, le reste étant consacré aux intérêts hypothécaires, au loyer et aux services publics.

Il est rapidement et sans surprise apparu que ce PPP répondait à un besoin urgent et important. La grande majorité des petites entreprises n’ont qu’un accès limité aux prêts bancaires et aucune aux marchés des capitaux, renforcés par les énormes interventions de la Réserve fédérale. En une semaine seulement, la Small Business Administration a reçu 500 000 demandes. En trois semaines, la totalité du montant alloué par le Congrès a été épuisée.

Si le programme a pu ralentir les licenciements de petites entreprises, les prestations de chômage ont été dépassées par un tsunami de demandes d’allocations de chômage. En quatre semaines seulement, ce chiffre a atteint 22 millions, soit 13 % de la population active, effaçant ainsi tous les emplois créés au cours des dix années précédentes. L’ampleur de la douleur et de la souffrance est rapidement devenue visible dans les longues files d’attente des banques alimentaires par les personnes qui tentent de nourrir leur famille. Les inquiétudes augmentent quant aux dommages durables causés à cette génération et aux générations suivantes de la population active.

L’épuisement du PPP est également un coup dur pour la politique de santé publique. L’insécurité économique accrue tend à amplifier les risques pour la santé mentale liés à l’isolement imposé par le gouvernement dans les foyers. Ces risques ne s’arrêtent pas au type d’irritabilité et de colère qui pousse les gens à enfreindre les règles de distanciation sociale, alimentant une nouvelle propagation du virus et portant un coup dur aux progrès réalisés dans l’aplatissement de la courbe d’infection. Ils incluent également l’insomnie et les niveaux de stress toxique, entraînant un danger considérable de violence domestique accrue, d’abus sexuels et de dépendance aux opiacés.

Tout cela pour dire qu’il y a un besoin urgent de reconstituer le PPP et d’en améliorer la mise en œuvre. C’est une priorité politique qui devrait être identifiée et accélérée au lieu d’être l’otage d’une politique partisane renouvelée. Sans cela, le nombre déjà élevé de perturbations va s’étendre et s’approfondir. Ce qui devrait être un revers temporaire et réversible pour les petites entreprises et leurs employés se transformera en problèmes de fermetures, de chômage et de détresse humaine à bien plus long terme.

Publié pour la première fois par Avis Bloomberg (Cette colonne ne reflète pas nécessairement l’opinion de Bloomberg LP et de ses propriétaires).

Note de l’éditeur : Les puces de résumé de cet article ont été choisies par les rédacteurs de Seeking Alpha.


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