Le recul de la croissance économique US a été démontré la semaine dernière par les résultats du mois d’août. Cependant, les cours des actions ont dévoilé une certaine résistance et n’ont pas baissé malgré la non atteinte des prévisions. Cet optimisme est, entre autre, alimenté par la certitude que la FED (Banque Fédérale Américaine) abaissera une troisième fois ses taux d’intérêt, afin de soutenir la croissance de l’économie US. 

Le ralentissement économique américain s’est, en partie, reflété par une baisse des chiffres du mois d’août pour l’indice des directeurs d’achat PMI manufacturier de l’ISM, l’indice ADP du secteur de l’emploi privé non agricole, l’indice ISM des directeurs d’achat PMI Services du secteur non manufacturier et les taux de création d’emploi NFP. 

A cause de certaines analyses, la banque UBS explique néanmoins qu’une éventuelle baisse du taux de la FED n‘aurait que peu ou pas d’impact sur les cours des actions. Ainsi, une telle manœuvre ne permettrait pas de redresser la situation actuelle de l’économique US, ni de soutenir les bourses.

”Une baisse des taux de la FED ne fera pas progresser les cours du marché”, déclare UBS

Alors que les dernières statistiques publiées quant aux résultats économiques US du mois d’août ont dévoilé la non atteinte des objectifs et même une nette contraction par rapport au mois de juillet. Alors que ces résultats auraient dû peser sur les cours des actions, le marché reste optimiste et résiste à une tendance à la baisse. 

C’est notamment la prévision d’une nouvelle baisse de ses taux par la FED pour sa prochaine réunion du 30 octobre qui soutient ainsi les marchés. Ainsi, les investisseurs pensent que si les taux de la FED baissent, les cours vont automatiquement monter. Ce raisonnement est cependant démenti par les analystes de la banque UBS.

UBS dément la corrélation entre les taux de la FED et le cours des marchés boursiers

Plus grande banque mondiale dans le secteur de la gestion de fortune, UBS est une société de services financiers ayant ses sièges en Suisse, à Bâle et à Zurich. Crée en juillet 1998, elle est actuellement présente dans plus de 50 pays, où elle opère également en tant que banque privée d’investissement et de détail, avec près de 60 000 employés dans le monde. Ses investissements s’élèvent actuellement à plus de 3 000 milliards de Francs Suisses. 

D’après ses analyses, les marchés n’ont pas baissé suite aux résultats économiques US décevants du mois d’août à cause du fait que ces chiffres alimentent la probabilité d’une autre baisse des taux de la FED au 30 octobre. En effet, le rôle de la FED est de soutenir l’économie américaine et de mettre en œuvre la politique monétaire nécessaire pour favoriser la croissance. Une baisse des taux d’intérêt par les banques centrales est notamment perçue comme étant un levier économique, permettant de faire remonter les principaux indicateurs économiques d’un pays. 

Selon UBS, ce raisonnement était tout à fait fondé avant les années 1990, mais pourrait ne plus être efficace à l’heure actuelle. En effet, ses analystes considèrent particulièrement que dans le cas de la FED, une manipulation des taux d’intérêt pourrait ne plus avoir d’impact au niveau des actions boursières.

Les cours des actions du marché boursier américain seraient aujourd’hui indépendants des taux de la FED

D’après UBS, la FED pourrait être incapable de soutenir efficacement l’économie et les marchés des actions américaines, contrairement aux espoirs des investisseurs. Pour argumenter son analyse, la banque prend en exemple le cas du cours de l’indice S&P 500. La valeur de cette action est basée sur les performances de 500 grandes entreprises cotées en bourses aux USA. La banque d’investissement UBS souligne que selon le raisonnement des investisseurs, une baisse des taux de la FED doit permettre de faire remonter le cours de cet indice. 

Or, elle fait remarquer que lors de la baisse des taux d’intérêt réalisée par la banque fédérale au mois de juillet, le S&P 500 a quand même dévoilé une baisse. Selon l’analyse de la banque UBS, cette situation est expliquée par le fait que la corrélation inverse entre les taux de la FED et le ratio cours/bénéfice du S&P 500 n’est plus viable depuis les années 2000. En effet, cette période a été marquée par des faibles taux qui ont été en vigueur durant plusieurs années consécutives.

Les sociétés S&P 500 pourraient ne pas tirer avantage d’une baisse des taux de la FED

François Trahan, analyste chez UBS, renforce qu’une baisse de ses taux par la FED pourrait ne pas permettre de tirer les cours des actions à la hausse, bien que cela aurait été efficace dans les années 1990. Il ajoute que la politique d’assouplissement monétaire de la FED était uniquement efficace à cette époque à cause de la forte corrélation inverse entre les taux et les ratios cours/bénéfices. 

Selon lui, la résistance actuellement démontrée par les marchés face à la chute de l’indice ISM du mois d’août est basée sur l’ancienne efficacité de l’assouplissement des taux pour le redressement des cours des actions des années 1990. En effet, durant lesdites années, les sociétés S&P 500 ont pu compter sur la complète efficacité d’une baisse des taux de la banque centrale américaine pour éviter la chute de valeur de leurs actions boursières. 

Néanmoins, pour le 30 octobre, les marchés tablent sur une probabilité de 78% de voir la FED abaisser ses taux. Pour le mois de décembre, cette probabilité monte même à 90%. Ces prévisions reflètent ainsi la certitude actuelle des investisseurs quant à la capacité de la banque fédérale à soutenir l’économie et les actions boursières américaine à travers un assouplissement de sa politique monétaire. D’ailleurs, le président Donald Trump, lui-même, a demandé à la FED d’appliquer des taux nuls, voire négatifs.

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