Les frictions entre l’Iran et les USA mettent la région du Golfe dans un état d’alerte permanent. Cette situation a été engendrée par les sanctions drastiques appliquées par Donald Trump à l’encontre de Téhéran, pour faire cesser toute activité d’ordre nucléaire à ce dernier.

L’embargo dont est actuellement victime l’Iran concerne surtout ses exportations pétrolières, sur lesquelles repose son économie. En représailles, les forces navales des gardiens de la révolution ont mené des actions belliqueuses dans cette zone maritime, notamment au niveau du canal d’Osmuz, lequel est un passage obligé pour les tankers. Les sabotages et les attaques récentes, mais surtout la destruction d’un drone américain, qui y ont eu lieu, ont déjà failli faire subir à la République islamiste une frappe aérienne que Donald Trump a stoppé in extremis.

La marine iranienne saisi plusieurs tankers étrangers passant dans le Golfe

Suite à la saisie du pétrolier iranien Grace 1 par la marine britannique et les forces navales du Détroit de Gibraltar, le 04 juillet, l’armée des gardiens de la révolution entame des représailles.

Trois tankers étrangers interceptés par les gardiens de la révolution en un mois

Le pétrolier iranien était soupçonné d’acheminer une livraison de pétrole vers la Syrie, dont le régime est actuellement sous l’égide de sanctions européennes, dont un embargo pétrolier. L’accusation est réfutée par Téhéran, qui arraisonne à son tour le MT Riah, un pétrolier panaméen, le 14 juillet, et le Stena Impero, un tanker suédois battant pavillon britannique, le 19 Juillet. L’Iran accuse le premier de contrebande de pétrole et le deuxième de non-respect des codes maritimes. Ces interceptions iraniennes ont suivi les sanctions contre le Grace 1, dont l’immobilisation a été prolongée d’un mois.

Après avoir averti les Européens de ne pas faire d’obstacles à ses exportations pétrolières, l’Iran menace aussi de sortir définitivement de l’accord du JCPOA conclu en 2015. Tandis que des solutions diplomatiques sont en cours d’étude, la Grande-Bretagne a mis en place des mesures militaires, afin que les navires britanniques puissent bénéficier d’une escorte par la Royal Navy lors de leurs passages dans le canal d’Osmuz.

Les USA sollicitent également les Européens à former une coalition, afin de protéger leurs transporteurs maritimes avec des navires militaires soutenus par les forces aériennes américaines. Tandis que l’offre est déclinée par la France et l’Allemagne, la République Islamiste déclare avoir saisi un troisième tanker empruntant la route maritime du Golfe, le 4 août. N’ayant pas encore communiqué le pavillon de ce navire étranger, Téhéran affirme que ce dernier transporte également du pétrole de contrebande d’un volume de 700 000 litres. Les gardiens de la révolution ont déclaré avoir arraisonné ce bateau aux alentours de l’île de Farisi, en direction des Emirats arabes. Actuellement, le bateau est immobilisé au port de Bouchehr, au sud de l’Iran, et sa cargaison a été confisquée.

Le Golfe, une zone stratégique pour le commerce international et l’accord sur le nucléaire

La situation qui sévit actuellement dans le Golfe nuit gravement au commerce international. La zone qui est devenue le théâtre de nombreux affrontements est pourtant un passage obligé pour le trafic pétrolier maritime. L’an dernier, le tiers de la consommation mondiale en carburant transitait par le canal d’Osmuz.

Désaccord entre les USA et les Européens concernant l’Iran

La résistance de l’Iran face aux sanctions américaines engendre une accumulation de tensions dans le Golfe. Washington perd le soutien des Européens quant à son intention de former une coalition pour contrôler militairement la circulation dans le détroit d’Osmuz et ses alentours.

En effet, Donald Trump entend alourdir les sanctions contre l’Iran, car ce dernier refuse de cesser ses activités nucléaires et que Téhéran a déclaré avoir dépassé les limites de son stock et de son taux d’enrichissement d’uranium autorisées par l’accord de Vienne. Actuellement, le Royaume-Uni a dédié deux navires de guerre de la Royal Navy à la protection de ses navires marchands passant dans le Golfe.

Pour leurs parts, la France et l’Allemagne affirment qu’une présence militaire étrangère dans cette zone pouvait au contraire envenimer la situation. Ces derniers jugent comme prioritaire le fait de sauver l’accord sur le nucléaire iranien. Cette entente conclue a pour objectif de limiter les activités de l’Iran en matière nucléaire, en contrepartie d’une réintégration de la République islamiste dans le commerce international.

L’Europe mise sur les négociations diplomatiques pour préserver l’accord du JCPOA

L’Iran a été soumis à des sanctions internationales jusqu’à ce que l’accord de 2015 ait été mis en place. La reprise de ces sanctions au niveau international a été initiée par le retrait unilatéral des USA du JCPOA, car Donald Trump et Israël soupçonnent la République islamiste de développer des armes nucléaires.

L’accord de Vienne a notamment permis à l’Iran de relancer ses exportations pétrolières, lesquelles sont à la base du développement économique du pays. Pour que Téhéran continue à respecter cette entente, les Européens ont mis en place une chambre de commerce spéciale nommée Instex. Cette dernière a pour objectif de contourner les sanctions américaines, notamment sur les exportations pétrolières iraniennes.

En effet, la portée internationale de l’embargo qui vise la République islamiste est basée sur l’interdiction des importateurs d’utiliser le dollar dans leurs transactions commerciales avec l’Iran, notamment pour des matières premières, comme le pétrole brut.

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