Les déclarations de Jerome Powell suite à la réunion du 31 juillet reflètent l’indécision de la FED à baisser de nouveaux ses taux. Elles font notamment suite aux données que le rapport de la NFP a dévoilées en ce qui concerne les résultats du mois de Juillet.

En effet, la banque centrale américaine base ses actions en fonction de la situation économique globale et celle-ci ne permet pas pour l’instant de fixer une politique des taux jusqu’à la fin de l’année. Powell ne s’est donc pas prononcé en faveur d’une série de réduction des taux, mais n’a pas non plus affirmé que la récente baisse de 0,25% qui a été appliquée, soit unique.

Pour les marchés, d’autres baisses des taux d’intérêt apporteraient un nouvel élan des investissements. De plus, le constat d’une légère tendance à la hausse du dollar, qui fait reculer la paire Eur/Usd, laisse aussi penser à une réduction unique des taux d’intérêt.

Une situation compliquée pour la politique monétaire de la FED

Alors que Donald Trump met la pression sur la banque centrale américaine, pour qu’elle adopte des réductions de taux plus massives et plus rapidement, les données économiques se renforcent. Les résultats publiés par la FED devraient en effet inciter celle-ci à s’éloigner d’un assouplissement monétaire.

Rapport NFP du mois de juillet : des données à faible influence pour la FED

Parmi les données qui permettent à la FED d’ajuster sa politique monétaire, le rapport NFP de l’emploi vient d’être publié. Les résultats sont mitigés, à cause des résultats contradictoires entre la croissance de l’emploi et l’augmentation des salaires pour le mois de juillet. En effet, si 224 000 nouveaux emplois ont été créés au mois de juin, seulement 164 000 postes ont été réellement recensés. Même si ce résultat est assez conforme aux prédictions de création de 165 000 emplois, la baisse est flagrante.

A noter cependant qu’un rythme de 100 000 créations de postes par mois est essentiel pour l’accueil mensuel des nouveaux demandeurs d’emploi américains, dont notamment les jeunes qui arrivent à leur majorité. De telles données auraient été significatives pour motiver la FED à annoncer d’autres séries de baisse de ses taux pour soutenir l’inflation, si les autres résultats du rapport de la NFP convergeaient dans le même sens. Ce qui n’est pas le cas, avec entre autre un taux de chômage qui s’est stabilisé à 3,7% comme cela a été anticipé. Une augmentation de l’inscription au chômage aurait traduit un fort ralentissement économique et aurait incité la FED à réduire ses taux davantage.

Par la même occasion, le rapport sur l’emploi a également surpris quant aux données qu’il a recueillies concernant les salaires. En effet, une hausse supérieure aux attentes a été constatée à hauteur de 0,3% au lieu de 0,2% prévu sur la base des résultats du mois de juin. Par rapport à l’année dernière, les salaires ont aussi augmenté de 3,2% malgré des prévisions de 3,1%. Néanmoins, le volume horaire moyen du temps de travail hebdomadaire a, quant à lui, baissé à 34,3 heures, si les données du mois de juin et les prévisions prévoyaient 34,4 heures. Si l’ensemble de ces données aurait également permis aux investisseurs d’anticiper la politique monétaire de la FED, elles viennent de renforcer les doutes.

D’autres données macro-économiques considérées par la FED

Avec un bon rythme haussier des salaires à hauteur de 0.3% par mois, ainsi que des créations d’emplois satisfaisantes pour le mois de juillet, il ne reste à la FED qu’à étudier les influences de la situation économique internationale pour ajuster sa politique des taux.

Notamment, il s’avère que l’indice manufacturier américain du mois a également baissé à 51,7 points, s’il était à 51,7 points au mois de juin. Les prévisions envisageaient par ailleurs une hausse à 52 points. Néanmoins, cela n’a pas eu d’effets notables, car le dollar est quand même monté peu après la déclaration du président de la FED. En juillet, le secteur manufacturier est celui, qui est le plus sensible aux conflits avec la Chine, a aussi bénéficié de 16 000 nouveaux postes, contre seulement 12 000 au mois de juin.

Trump et sa pression économique sur la FED

Face au manque d’engagement de la FED à s’inscrire dans sa politique d’assouplissement monétaire, Donald Trump a annoncé la reprise de nouvelles sanctions tarifaires dans sa guerre commerciale contre la Chine.

Comment Trump est arrivé à ses fins

Le conflit commercial sino-américain est en effet l’un des facteurs que la banque centrale américaine a considéré pour se décider à affaiblir les taux de 0,25%, en tant qu’assurance contre les risques de ralentissement économique. Ainsi, dès le 1er septembre, de nouveaux tarifs douaniers de 10% seront appliqués sur les 300 milliards USD d’importations restantes. Actuellement, toutes les importations chinoises sont ainsi touchées par les taxes punitives. Le risque d’escalade va contraindre la FED à assouplir davantage sa politique monétaire, afin de redynamiser le commerce national.

Une série de baisses de taux supplémentaires permettrait aussi de motiver les investisseurs et d’attirer des capitaux, pour relancer les marchés. En effet, avec des taux d’intérêts plus bas, les entrepreneurs seraient plus enclins à emprunter au niveau des banques américaines pour s’engager dans des activités sur le sol américain.

Donald Trump tient réellement à ce que la FED abaisse plus massivement ses taux, à cause de la politique des concurrents des USA au niveau du commerce international. En effet, l’UE, la Chine et d’autres pays maintiennent des taux bas pour être plus compétitifs.

Actuellement, la FED doit abaisser encore plus ses taux pour faire face à l’escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Cette dernière vient en effet de laisser dévaluer le Yen et a fait stopper tout achat de produits agricoles américains par ses entreprises d’état.

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