Ayant été le principal moteur de l’Europe durant plus d’une décennie, l’Allemagne a dévoilé un recul de son économie au second trimestre. Cela s’est, entre autre, reflété par une perte de croissance de 0,1%, selon les chiffres publiés par le rapport sur le PIB allemand.

De son côté, l’Hexagone a bénéficié d’une hausse de 0,1% de son PIB. Cette modification de la configuration économique européenne découle notamment de la guerre commerciale. Ainsi, cette situation pourrait se montrer plus favorable à la France, au dépend de l’Allemagne, à long terme.

Les analystes estiment même que la solidité de l’économie française pourrait être amenée à se renforcer. D’ailleurs, trois analystes ont déclaré à la CNBC que l’Hexagone est actuellement devenue une destination d’investissement plus attrayante et plus fiable que l’Allemagne, compte tenu du ralentissement actuel de l’économie mondiale.

La France devient la meilleure option économique européenne

Alors que la guerre commerciale accélère le ralentissement de l’économie mondiale, le risque de récession gagne de nombreux pays, dont l’Allemagne. Si cette dernière a été le pilier de l’UE durant ces dernières années, son modèle économique est actuellement le plus exposé. De son côté, la France s’en sort mieux jusqu’à présent et pourrait même être avantagée par la situation.

L’Allemagne subit de plein fouet les conséquences de la guerre commerciale

La guerre commerciale entre les USA et la Chine a engendré de lourdes répercussions économiques à l’échelle mondiale. En particulier, c’est le secteur manufacturier mondial qui en paie actuellement les frais. En effet, l’Empire du Milieu et les USA sont les principaux importateurs mondiaux en produits manufacturiers et ont largement réduits leurs commandes depuis le début du conflit.

Par ailleurs, le Royaume-Uni est également un partenaire commercial important de l’Allemagne. Les inquiétudes liées à un éventuel Brexit sans accord ont également ralenti les commandes britanniques. Or, l’Allemagne doit surtout la grandeur de son économie à son secteur manufacturier, lequel est le plus important en Europe.

Ainsi, parmi tous les pays dont les économies dépendent de l’exportation et de l’industrie, l’Allemagne est celui qui est le plus touché. Son modèle économique est, en effet, le plus exposé aux aléas du commerce international. Le recul du PIB allemand est notamment dû à une baisse de 2,2% de ses commandes manufacturières au mois de mai, et depuis le mois de juillet, ses commandes chinoises ont baissé au rythme de 0,4%.

Le secteur de l’industrie automobile allemande est le plus touché, avec des baisses de 9,6% chez BMW, 7,6% chez Daimler et 9,5% pour Volkswagen. Or, cette filière manufacturière est la principale source des excédents commerciaux allemands. Les commandes de machines et d’équipements-outils ont également chuté de 22% depuis le second trimestre.

Le recul de l’économie allemande risque de se poursuivre

La contraction de l’économie allemande peut encore s’aggraver. En effet, de nombreuses entreprises ont dû réaliser des plans de licenciement massif. Ainsi, chez Deutsche Bank, ce sont 18 000 postes qui ont été supprimés, contre 6 000 emplois chez BASF. Dans le secteur industriel, plus de 150 000 postes ont été basculés vers un mode de fonctionnement à temps partiel.

Les conséquences du ralentissement industriel allemand sont bien plus prononcées qu’en France. En effet, 25% du PIB allemand est basé sur le secteur manufacturier, contre seulement 15% en France. Cette dernière est ainsi moins exposée aux conséquences de la baisse des commandes industrielles et des flux d’exportation. Dans ce contexte, tous les pays, dont l’économie est surtout adossée aux exportations manufacturières, seront amenés à subir plus durement que les autres les conséquences de la guerre commerciale.

La France bénéficie d’une croissance économique malgré la guerre commerciale

Le PIB français a dévoilé une hausse de 0,1% au second trimestre, et cela, malgré que de nombreux pays aient souffert du ralentissement économique mondial causé par la guerre commerciale. En effet, à cause de la taille moins conséquente de la part de son secteur industriel, l’Hexagone ne souffre que d’une moindre perte de revenus d’exportations manufacturières.

La solidité de l’économie française basée sur la consommation intérieure

Par rapport à l’Allemagne, dont le moteur économique est adossé sur le secteur industriel et les exportations manufacturières, la France est moins soumise aux pressions du commerce international. En effet, son économie est moins dépendante des exportations de produits manufacturiers.

Selon Carsten Nickel, le directeur général de la société de recherche Teneo, l’économie française est plus résistante face à la guerre commerciale USA-Chine à cause de sa forte consommation intérieure. C’est d’ailleurs le même modèle économique basé sur la consommation qui a porté la croissance de l’économie américaine depuis une décennie.

Selon le rapport publié par les analystes d’UBS, les tensions commerciales actuelles vont favoriser la France à long terme, au dépend de l’Allemagne. Ce rapport souligne d’ailleurs que la démographie de l’Hexagone est un excellent soutien de croissance.

Par ailleurs, il s’avère que les investisseurs seront plus attirés par l’Hexagone. En effet, en dehors du taux de croissance plus élevé qu’en Allemagne, la France dévoile aussi un taux d’investissement plus élevé. Le rapport d’UBS prévoit ainsi une croissance française de 1,2% en 2019 et de 1% en 2020, contre 0,5% en 2019 et 0,6% en 2020 pour l’Allemagne.

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