La semaine de la Mêlée Numérique aura lieu à Toulouse du 30 septembre au 7 octobre, durant le Festival de l’Homo Numericus. Pour l’occasion, deux tables rondes seront organisées le 2 octobre par Journalducoin et BitConseil, d’une part sur les nouvelles formes de monnaies du 21ème siècle du Bitcoin à Libra, et d’autre part, sur les crypto-actifs et les levées de fonds. Elles auront pour objectif d’assurer la compréhension des innovations technologiques récentes depuis la naissance du Bitcoin et de leurs interactions sociales.

De nombreux professionnels du secteur y exprimeront leurs visions et y partageront également leurs expériences, concernant les principales actualités qui tournent autour de l’univers cryptomonétaire. Entre autre, ces rencontres lèveront le voile sur l’horizon des prochaines méthodes des levées de fonds, qui assurent le financement des entreprises de la cryptosphère.

Le financement par levée de fonds, un sujet phare de l’économie cryptomonétaire

L’émergence des ICO (Initial Coin Offering), comme nouveau mode de financement des projets de cryptomonnaies, s’est avéré pleinement apprécié par les investisseurs. Ces levées de fonds ont permis à de nombreuses entreprises du secteur de démarrer et de démontrer tous leurs potentiels. Néanmoins, le règne de l’ICO semble déjà être en déclin face au STO qui en est dérivé.

Les levées de fonds par STO signent la fin de l’ère des ICO

Alors que de nombreux projets de cryptomonnaies étaient en grande difficulté pour trouver les financements nécessaires à leurs lancements et développements, les ICO se sont proposés comme les solutions les plus viables de l’époque. Les entreprises se sont ainsi ruées vers cette source de financement inespérée. Dans un premier temps, ils ont permis de collecter les fonds nécessaires au déploiement de nombreux réseaux basés sur la technologie blockchain, en utilisant celle de l’Ethereum. Les coins créés lors des ICO sont ainsi basés sur le token ERC-20.

Néanmoins, même en l’absence de réelles contraintes, la facilité de ce processus de levée de fonds a rapidement dévoilé ses limites. En effet, cette méthode souffre de l’absence d’un cadre réglementaire nécessaire à la mise en confiance des investisseurs. En effet, les projets promus par les ICO peuvent ne pas être technologiquement fiables et leurs porteurs ne sont pas non plus assurés d’être de bonne foi.

De plus, les fonds collectés étaient également soumis à la volatilité des cours de l’ETH, et pouvaient ainsi perdre une grande partie de leurs valeurs durant la période des levées de fonds. Ces risques ont amené les entreprises à développer une nouvelle méthode de collecte de fonds de financement plus sécuritaire, d’où la naissance du STO ou Security Token Offering.

Les STO, mécanismes de levées de fonds et de placements sûrs

Pour offrir un cadre d’investissement réglementé aux particuliers, le STO se base sur le principe de l’IPO ou Initial Public Offering. Ce dernier est la méthode de levée de fond qui est appliquée dans l’univers de la finance traditionnelle. Le STO obéit ainsi aux réglementations qui régissent les marchés financiers classiques, et a lieu dans le cadre des législations en vigueur au niveau des pays depuis lesquels ils sont organisés. Grâce à ce procédé, des parts des entreprises porteuses de projets de cryptomonnaies sont converties en tokens, lesquels sont ensuite vendus au public. Les fonds obtenus par l’intermédiaire de ces ventes vont permettre de financer le développement desdites entreprises.

Pour pouvoir être autorisées à réaliser des STO, ces sociétés doivent présenter un cahier des charges clair concernant leurs projets et doivent également se soumettre aux cadres législatifs en vigueur. D’ailleurs, les plateformes d’échanges qui listent les tokens émis à l’aide des STO doivent aussi respecter des règles. Notamment, les lois KYC/AML les obligent à mettre en place des procédures d’identification des utilisateurs, pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que la manipulation des marchés.

Les IEO, une nouvelle révolution du financement des entreprises cryptomonétaires

Nombreuses sont les contraintes qui pèsent sur les STO et limitent ces derniers. Entre autre, seuls les projets ayant dépassé un certain seuil de maturité et conformes aux législations peuvent convaincre les investisseurs à y allouer des fonds. Par ailleurs, les simples particuliers sont souvent exclus de ces levées de fonds qui sont généralement fréquentés par les investisseurs qualifiés. C’est face à ces limites que les IEO ont commencé leurs apparitions en 2017 et ont connu un grand essor en 2019.

Ces Initial Exchange Offering se basent sur la participation des plateformes d’échanges, qui garantissent la fiabilité des projets proposés. Les cryptobanques doivent réaliser l’audit des projets et mettre en œuvre les règles KYC/AML. Elles en assument ainsi la responsabilité et y engagent leur réputation, en assurant leur promotion.

Par ailleurs, les levées de fonds sont réalisées sur la base du token natif de la plateforme. Celle-ci assure également le suivi des fonds collectés dans le cadre du développement des projets qui ont été promotionnés. Cependant, bien qu’elle soit plus accessible au public, cette nouvelle forme de levée de fonds n’est pas encore arrivée à pleine maturité, en raison du cadre législatif international encore en cours de finalisation. Dans ce contexte, les levées de fonds ouvertes aux particuliers semblent s’orienter vers les IEO, tandis que les STO resteront plus accessibles aux investisseurs professionnels.

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