La Bourse de Paris restait nettement affectée ce vendredi 23 mars en début d’après-midi (-1,03%) par la perspective d’une guerre commerciale dans la foulée des nouvelles sanctions contre la Chine annoncées par Donald Trump.

En début d’après-midi ce vendredi 23 mars, l’indice CAC 40 perdait 1,03% à 5.115 points, dans un volume d’échanges de 2,09 milliards d’euros. La veille, il avait déjà reculé de 1,38%.

Après des premiers pas en nette baisse, la cote parisienne est restée très mal orientée accélérant même un temps son repli au point de perdre brièvement plus de 2%. De son côté, Wall Street a commencé la séance en hausse vendredi rebondissant après une lourde chute la veille. La place financière new-yorkaise avait plongé jeudi, le Dow Jones lâchant 2,93%, soit plus de 700 points et sa plus forte baisse depuis le 8 février, le Nasdaq baissant de 2,43% et le S&P 500 de 2,52%.

Les ventes ont été massives ce matin sur les marchés actions, les investisseurs redoutant l’entrée dans une guerre commerciale», a relevé David Madden, un analyste de CMC Markets. Le président américain Donald Trump a signé jeudi «un memorandum présidentiel ciblant l’agression économique de la Chine», faisant ployer sévèrement Wall Street et dans son sillage les autres places boursières.

«C’est la première fois que les marchés réagissent violemment à des mesures politiques. Certes, dans le passé, le référendum britannique ou l’élection américaine avaient généré de la volatilité à court terme. Mais cette fois il ne s’agit pas d’une réaction à un scrutin, mais bien à une stratégie politique déployée par la Maison blanche et dont les conséquences inquiètent sérieusement les investisseurs», ont noté les analystes d’Aurel BGC.

«La montagne pourrait accoucher d’une souris. Donald Trump cherche à négocier et obtenir des concessions, plus qu’à couler l’économie», ont-ils nuancé.

Le bras de fer continue

Vendredi le bras de fer se poursuivait, Pékin menaçant le porc et les fruits américains tandis que les États-Unis ont lancé une procédure contre le pays devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), reprochant à la Chine de «porter atteinte au droit de la propriété intellectuelle de ses entreprises».

Sur le terrain des valeurs, STMicroelectronics enregistrait la plus forte baisse (-3,50% à 18,73 euros), toujours pénalisé par les déboires des valeurs technologiques américaines dans le sillage de la polémique sur l’utilisation indue de données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook par une société britannique.

Les titres liés aux matières premières étaient aussi touchés, à l’instar d’Arcelormittal (-2,54% à 25,51 euros) ou Vallourec (-2,71% à 4,41 euros).

Michelin reculait de 2,64% à 119,80 euros, pénalisé par un abaissement de sa recommandation à «neutre» par Morgan Stanley.

Ipsen évoluait autour de l’équilibre malgré l’annonce de l’obtention d’un avis favorable du Comité des médicaments à usage humain (CHMP) pour Cabometyx (cabozantinib), un traitement du cancer du rein avancé.

Bolloré perdait 2,94% à 4,22 euros, emporté par le pessimisme ambiant. Le groupe diversifié a pourtant profité en 2017 de l’intégration de Vivendi, dont les performances ont fortement contribué au résultat opérationnel, tandis que le bénéfice net affiche une progression de 59%.

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