Frappées par une attaque au drone le 14 septembre, deux installations d’extraction pétrolière de la compagnie Aramco ont subi un grave incendie. Cette dernière a nécessité l’arrêt provisoire de l’exploitation, engendrant ainsi une réduction de 50% de la production totale de l’entreprise. Ce volume correspond à 5,7 millions de barils par jour, soit plus de 5% de la production en pétrole brut mondiale.

Bien que la compagnie ait annoncé une reprise du tiers de la production d’ici une semaine, pour rassurer les bourses, cette baisse notable de l’offre pétrolière mondiale a rapidement impacté sur les cours. Ainsi, deux jours après cette tragédie, le marché de l’or noir affiche une hausse de 10% au niveau du WTI. Pour sa part, le Brent grimpe également de 12 USD, soit sa plus forte progression journalière depuis 1988.

Les cours du pétrole s’envolent, les marchés craignent le pire

Si les hausses du cours du pétrole étaient les plus élevées durant la guerre du Golfe, la situation actuelle les dépasse largement. En effet, le Brent a pris 10,08% en seulement deux jours et atteint maintenant 66,29 USD/baril. Le brut léger américain a de son côté progressé de 8,97% et se positionne à 59,77 USD/baril.

Les cours affectés par une lourde baisse de l’offre de pétrole du Golfe

L’Arabie Saoudite est le plus exportateur mondial de pétrole et les attaques subies par les installations de sa compagnie Aramco ont réduit sa production de moitié. Cette perte équivaut à une production journalière de plus de 5,7 millions de barils, soit environ 5% de la consommation mondiale.

Les sites touchés par ces attaques au drone sont situés dans l’est de l’Etat, à Khurais et à Abqaiq. Cette dernière localité abrite la plus grande des installations du géant pétrolier pour le traitement de l’or noir. Elle se situe à 60 km au sud-ouest de Dahran, où se trouve le siège de la compagnie. Quant à Khurais, la société y dispose de son principal site d’extraction. Premier exportateur pétrolier du monde, l’Arabie Saoudite est le principal fournisseur des pays asiatiques, qui sont ainsi les premiers touchés par cette diminution de l’offre.

Entre autre, la Chine est son premier client avec 1,8 millions de barils par jour, avant le Japon qui en importe 1 millions de barils/jour et l’Inde qui lui achète 776 000 barils/jour. Selon les déclarations saoudiennes de ce weekend, l’ampleur des dégâts causés sur les installations laissent prévoir une reprise complète de la production d’ici quelques semaines et une reprise du tiers de la production d’ici une semaine. Cependant, des sources proches du dossier affirment maintenant que les réparations vont prendre plus de temps et que la production normale ne sera de nouveau atteinte que dans plusieurs mois.

Les nouvelles tensions aggravent la situation dans le Golfe, les marchés inquiets

En plus de la diminution de la quantité de pétrole qui alimente les besoins mondiaux, les conséquences géopolitiques de cette récente attaque inquiètent également les marchés. En effet, cet acte terroriste a été revendiqué par les Yéménites houthistes, qui sont des rebelles soutenus par l’Iran. Ils ont mis cette frappe au drone sur le compte des représailles face à des attaques aériennes menées par l’Arabie Saoudite, via la coalition militaire formée par Ryad depuis 2015.

Les rebelles yéménites ont déjà déclaré avoir attaqué un site d’exploitation gazière avec des drones le 17 août et deux stations de pompage le 14 mai. Malgré ces revendications, les USA accusent l’Iran d’être derrière ces attaques et déclarent être prêts à riposter, mais attendent les résultats des enquêtes menées par le royaume saoudien.

Cette situation intervient alors que des tensions guerrières menacent déjà la route maritime du Golfe et le passage du Détroit d’Osmuz, depuis l’embargo pétrolier contre la République Islamiste. La perspective des représailles saoudiennes et américaines contre l’Iran, ainsi que la durée des réparations des installations saoudiennes pèsent sur les cours du pétrole qui risque de progresser encore davantage.

La situation actuelle du commerce pétrolier, à quoi s’attendre ?

Selon la Banque d’investissement Goldman Sachs, une montée de 3 à 5 dollars supplémentaire des cours du pétrole pourrait survenir si cette réduction de l’offre dépasse la semaine. Dans le cas où les productions saoudiennes n’arrivent pas à revenir à un niveau normal d’ici six semaines, les hausses atteindraient 14 dollars. Le prix du baril de pétrole atteindrait même les 75 dollars si le recul de la production excède six semaines.

Néanmoins, les marchés pourront bénéficier de la décision du président américain d’ouvrir les réserves stratégiques de brut américain, soit plus de 713 millions de barils. De plus, le marché de l’or noir ne devrait pas subir de grandes ruptures, à cause de l’existence du pétrole de schiste étatsunien, mais aussi la forte progression de la production en Russie qui ont permis jusqu’à aujourd’hui d’avoir un excédent de l’offre.

Cette situation a permis à de nombreux pays développés de se constituer une certaine réserve, laquelle a également été rendue obligatoire par l’AIE (Agence Internationale de l’Energie). Ainsi, l’Inde et la Chine dispose par exemple chacune d’une réserve d’un mois. D’autre part, la société saoudienne Aramco dispose également d’une grande réserve au Japon. Au total, près de 3 milliards de barils de pétrole ont été mis en réserve par les pays développés pour pouvoir faire face à une pénurie. Cette mesure est suffisante pour les besoins en pétrole pour une durée de deux mois. L’Arabie Saoudite, qui a manœuvré durant plusieurs années pour maintenir des prix bas, joue contre le temps, afin de terminer les réparations des installations Aramco rapidement. Cela permettra au Royaume de ne pas perdre ses parts de marché et de limiter la hausse des prix.

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