Dans les deux prochaines semaines, l’administration américaine dévoilera les produits ciblés.

Entre la Chine et l’Union européenne (UE), Donald Trump a tranché. Le président américain a décidé, jeudi, de se lancer dans une bataille commerciale avec la Chine et d’épargner l’Europe pour l’instant.

Suspension pour l’Europe des taxes sur l’acier et l’aluminium.

Donald Trump a autorisé la suspension des taxes prélevées par les Etats-Unis sur les importations d’acier et d’aluminium de plusieurs de leurs partenaires importants, dont l’Union européenne. «Les taxes sur les importations d’acier et d’aluminium des pays suivants sont suspendues jusqu’au 1er mai 2018», a indiqué la présidence américaine, citant les pays membres de l’UE, mais aussi l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Mexique et la Corée du Sud.

L’UE «demande que cette exemption soit permanente» et «se réserve le droit (…) de répondre aux mesures américaines de manière appropriée et proportionnée», écrivent ce vendredi les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE réunis en sommet à Bruxelles (Belgique), la capitale de l’UE.

Trump dénonce «l’agression économique de la Chine».

Le président américain a déclenché son offensive commerciale maintes fois annoncée contre la Chine, qui s’apparente toutefois davantage à un avertissement qu’à des mesures immédiates. Il s’agit de répondre aux «pratiques déloyales» du géant asiatique. Donald Trump a ainsi signé «un memorandum ciblant l’agression économique de la Chine» et évoqué des mesures punitives contre des importations chinoises d’un montant pouvant atteindre «60 milliards de dollars» (environ 54 milliards d’euros). Il vise à mettre un terme à ce qu’il affirme être le vol de propriété intellectuelle américaine par les Chinois.

L’administration américaine a désormais 15 jours pour publier une liste de produits qui seront frappés de sanctions. Elle n’a cependant pas été d’une clarté absolue sur la nature exacte des montants évoqués : s’agit-il de la valeur des importations qui seront taxées ou bien du montant des taxes récoltées sur ces importations ?

Le ministre américain du Commerce, Wilbur Ross, a par ailleurs expliqué que les nouvelles sanctions annoncées sont un «prélude à une série de négociations».

La réplique de la Chine vise notamment le porc, le vin et les fruits.

Pékin, la capitale chinoise, a immédiatement apporté une réponse à Washington, son homologue américaine. La Chine a dévoilé une liste de 128 produits, ou lignes tarifaires, sur lesquelles elle appliquera des droits de douane de 15% ou 25% en cas d’échec des négociations. Ces mesures semblent toutefois modérées : les produits visés correspondaient à 3 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros) d’importations en Chine l’an dernier, soit à peine 2% du total des exportations américaines vers ce pays l’an dernier. Parmi les produits qui seraient taxés à 15% : fruits frais, vin, éthanol, ou ginseng, mais aussi tubes d’acier sans soudure. La viande de porc et l’aluminium recyclé seraient, eux, frappés à hauteur de 25%.

La liste ne comprend cependant pas le soja, que les Américains ont exporté en Chine à hauteur de 14 milliards de dollars l’an dernier (12,7 milliards d’euros). Si ce produit devait être visé, les conséquences pourraient être graves pour les agriculteurs américains, particulièrement dans les Etats ayant soutenu Donald Trump lors de l’élection présidentielle de 2016. Par ailleurs, ces mesures sont officiellement annoncées… en réponse aux droits de douane déjà dévoilés par Washington sur les importations américaines d’aluminium et d’acier, et qui doivent entrer en vigueur ce vendredi.

Recul des bourses asiatiques.

Dans la foulée de ces annonces, les bourses asiatiques ont subi un fort recul ce vendredi. L’indice phare de la bourse de Tokyo (Japon) a ainsi perdu 4,51%. Le Japon, pourtant un des plus proches alliés des Etats-Unis, n’est pas dans la liste des pays provisoirement exemptés des tarifs douaniers sur les métaux par les Etats-Unis.

Les bourses chinoises de Hong Kong et Shanghai, les bourses sud-coréenne et australienne ont aussi subi des pertes de -2% à plus de -4%.

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