Le lancement annoncé de Libra par Facebook accumule une série d’oppositions de la part des autorités. En effet, après que le Congrès Américain s’est déclaré avec un avis négatif concernant cette cryptomonnaie, le G7 a également désapprouvé son utilisation à cause de nombreuses inquiétudes juridico-économiques et de questions qui n’ont pas reçues de réponse satisfaisantes.

Ils ont ainsi conclu que Libra pouvait engendrer des risques d’instabilité pour l’économie mondiale en l’absence de réglementations et de normes adaptées.

Libra perçu comme une menace pour la paix et l’économie mondiale

Dans la mesure où Libra permet de transférer des fonds rapidement et à moindres coûts à l’international, le G7 a souligné les risques d’utilisation de la cryptomonnaie à des fins de terrorisme et de blanchiment d’argent. Il sera ainsi nécessaire d’étudier soigneusement les moyens à mettre en place pour éviter ces menaces avant sa mise en circulation.

Libra : un niveau élevé des risques pour les transactions illégales

Bien qu’étant une cryptomonnaie comme le Bitcoin, Libra soulève plus d’inquiétudes quant à son déploiement. En effet, profitant d’une base d’utilisateurs estimés à plusieurs milliards, sa démocratisation peut devenir rapidement virale. Sa démocratisation à l’échelle mondiale serait favorisée par ses délais de transferts rapides et ses coûts particulièrement réduits par rapport à ceux pratiqués par les banques. De plus, le projet de Facebook et de ses partenaires est d’en faire un moyen de paiement usuel, accessible à tous.

Les plus grandes inquiétudes du G7 sont basées sur les possibilités d’utilisation de la monnaie virtuelle comme alternative aux banques par les terroristes et les trafiquants, qui pourront réaliser des transactions dans la confidentialité la plus totale. En effet, le Libra est dirigé par un groupe d’entreprises privées et échappe ainsi aux contrôles des régulateurs financiers. Par ailleurs, la blockchain sur laquelle est basée cette monnaie virtuelle garantit l’anonymat des utilisateurs, ainsi que l’opacité des détails des transactions.

Libra peut supplanter les devises locales

De part la forte probabilité que l’essor de Libra puisse être d’une ampleur systémique, les pays du G7 s’inquiètent sur l’avenir des monnaies locales. En effet, les utilisateurs peuvent être rapidement convaincus par les coûts d’utilisation réduits de la crypto de Facebook. Les monnaies locales délaissées impliqueraient une baisse de fréquentation des banques au profit des entreprises privées qui assurent la gestion de Libra.

Les représentants des pays du G7 craignent ainsi un effondrement du système financier en place et la destitution des devises de référence. La chute de ces dernières engendrerait un changement majeur dans le climat économique mondial, puisque tous les marchés et échanges internationaux y sont basés. Les conséquences de l’avènement d’une monnaie numérique comme nouvelle devise mondiale entraînerait par la même occasion l’affaiblissement des nations elles-mêmes. A terme, ces inquiétudes se resserrent autour de la possibilité que le contrôle de l’économie mondiale ne soit transféré à un groupe d’investisseurs privés.

Libra présente des risques d’utilisation pour les consommateurs

Les nombreux avantages de Libra ont été évoqués lors de l’audition de David Marcus par les représentants du G7, mais les risques auxquels sont exposés les consommateurs ont aussi été grandement soulignés.

Facebook risque d’utiliser Libra comme outil de collecte de données privées

Au cours de l’étude du cas de Libra par le G7, la question de la protection de la vie privée a été vivement soulevée. En effet, les autorités estiment que Facebook aurait un champ de manœuvres trop large en ce qui concerne les données des utilisateurs. Ces dernières peuvent ainsi être facilement exploitées à des fins de ciblages commerciaux.

De plus, les risques de collectes des informations concernant les utilisateurs de Libra sont multipliés par l’intégration des portefeuilles numériques dans des applications de messagerie instantanée. En particulier, la liaison entre Messenger et les comptes Facebook constitue un canal marketing de grande efficacité, mais dont l’exploitation à des fins commerciales constituerait une véritable atteinte à la vie privée.

L’absence de règles strictes expose Libra à des actes de piratage

Actuellement, les réglementations concernant les cryptomonnaies sont encore en cours d’élaboration et d’amélioration. L’absence d’environnements réellement normalisés expose les acteurs et les utilisateurs à des risques élevés de cyber-attaques.

On dénombre en effet pas moins de six actes de piratage de grande envergure au niveau des sociétés d’exchange et des milliards de dollars dérobés. Or, les valeurs qui sont volées au cours de ces attaques appartiennent généralement aux clients des banques d’exchange et des bourses. Le réseau de Libra de Facebook peut devenir un incubateur d’actes de piratage de cryptos à cause de nombreuses failles de sécurité. Entre autre, les comptes Facebook ne disposent pas de procédures de vérification d’identité. Il y est donc facile de créer des profils virtuels à des fins illégales.

Libra : une valeur volatile risquée pour un usage de masse

L’un des gros problèmes soulevés par les pays du G7 concernant Libra concerne son instabilité. En effet, la valeur des cryptomonnaies est très volatile. Or celle-ci peut être utilisée aussi bien par les particuliers que les entreprises pour leurs transactions sur le marché international.

En comparaison, on peut citer le Bitcoin dont la valeur est pilotée par les utilisateurs et les acteurs eux-mêmes. En effet, il suffit qu’un courtier de BTC achète un grand volume de coins en-dessous du cours pour que celui-ci chute. Bien que ce genre de manœuvre soit considéré comme illégal, certaines personnes n’hésitent pas à l’appliquer pour déstabiliser le marché ou faire des profits.

Des évènements liés aux actualités et aux tendances ont également des répercussions sur les cours des monnaies virtuelles. Les utilisateurs sont ainsi exposés en permanence au risque de chute de valeur de leurs cryptos.

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