L’épidémie mondiale de Covid-19 a bouleversé beaucoup de choses, mais Roche (OTCQX:RHHBY) poursuit sa trajectoire de croissance régulière. Bien que quelques franchises de médicaments aient été perturbées et que l’impact pourrait être plus important au cours du deuxième trimestre, l’épidémie a également été l’occasion pour la grande entreprise de diagnostic de Roche de briller. Dans l’ensemble, Roche continue de montrer ses rayures comme un nom de croissance de qualité constante dans l’espace pharmaceutique.

Ma thèse haussière pour Roche penche maintenant davantage vers cet angle de stabilité et de qualité que vers une pure sous-évaluation. Je pense que les actions sont cotées pour un rendement total à un chiffre élevé, ce qui n’est pas exemplaire, mais n’est pas mal non plus en termes relatifs.

Continuer à avancer

Après un rare échec au quatrième trimestre, Roche est redevenu Roche ce trimestre, avec un nouveau record de chiffre d’affaires dû à la surperformance du secteur pharmaceutique. Et, malheureusement, le fait que “Roche soit Roche” a également été un autre trimestre décevant dans le secteur des diagnostics, même si les tests liés à Covid-19 ont donné un coup de fouet.

Les recettes ont augmenté de 7 % en monnaie constante, battant les attentes d’environ 3 %. Les ventes de produits pharmaceutiques ont augmenté de 7 % (et de 3 %), tandis que les ventes de produits de diagnostic ont augmenté de 5 %, mais ont été plus faibles d’environ 1 %. Comme c’est le cas pour de nombreuses entreprises européennes, Roche ne fournit pas d’informations financières autres que les ventes pour les premier et troisième trimestres.

La concurrence biosimilaire continue de s’épuiser pour les trois grands médicaments de Roche, avec une baisse de 13%, 15% et 24% respectivement pour Avastin, Rituxan et Herceptin. Ces médicaments représentent toujours un tiers des ventes de produits pharmaceutiques de Roche et demeurent les trois principales sources de revenus de l’entreprise, bien qu’Ocrevus devrait bientôt dépasser Rituxan et Herceptin et Perjeta devraient s’en rapprocher.

Parmi les médicaments les plus récents, l’Ocrevus continue de bien se développer (+ 38 %) et d’obtenir de meilleurs résultats (+ 4 %), malgré un impact négatif modeste de Covid-19 sur les visites chez le médecin et les nouveaux départs. Perjeta a augmenté de 22 % et a été devancé d’un montant similaire, tandis que les ventes d’Actemra ont fait un bond de 30 % (devancé de 19 %) en raison de l’utilisation accrue de Covid-19 pour la pneumonie. Les ventes de Tecentriq ont presque doublé, battant les attentes de 10 %, grâce aux fortes ventes dans le domaine du cancer du poumon et du sein. Les ventes d’Hemlibra ont connu une croissance impressionnante (146 %), avec une progression à deux chiffres (12 %).

Des résultats mitigés, encore une fois, dans le secteur des diagnostics

Dans le cadre de cette croissance globale de 5 % des revenus, Roche a vu ses activités de diagnostic professionnel diminuer de 1 %, ses activités moléculaires augmenter de 29 %, son diabète diminuer de 2 % et ses tissus augmenter de 12 %. Le déclin du diagnostic professionnel n’est pas si surprenant compte tenu de la baisse des procédures électives et des visites chez le médecin, et il s’agit d’une meilleure performance que la baisse de 5 % à Abbott(ABT).

Molecular Diagnostics a été propulsé par la forte demande pour le test PCR de Roche sur le SRAS-CoV-2. Roche semble avoir une part de marché d’environ 40 % à l’heure actuelle, et a réussi à presque doubler sa capacité, passant d’environ 8,5 millions de tests par mois à plus de 15 millions. C’est bien au-delà de la capacité du test d’Abbott basé sur la méthode des m2000, mais Abbott a un test au point de service que Roche n’a pas (la direction de Roche ne croit pas beaucoup au test PCR pour le Covid-19, bien qu’elle développe des tests).

Outre l’augmentation de la capacité du test PCR, Roche lancera en mai son test sérologique d’anticorps, dont la capacité passera à “des millions à deux chiffres” d’ici juin. Abbott vise également une capacité importante, avec un objectif de 20 millions de tests sérologiques par mois en juin. À ce stade, le test d’Abbott ne détecte que les IgG, tandis que celui de Roche détecte à la fois les IgG et les IgM. Je ne suis pas immunologiste, mais je crois savoir que si les anticorps IgG sont plus pertinents pour l’immunité à long terme, les anticorps IgM sont produits en premier et peuvent signaler si un patient a été récemment exposé/infecté. Le test de Roche peut donner des résultats valables 10 jours après l’infection, tandis que le test d’Abbott est marqué pour 14 jours.

Roche pense que l’épidémie de Covid-19 pourrait améliorer les performances à long terme du secteur des diagnostics, non seulement grâce aux ventes des tests eux-mêmes, mais aussi grâce à des plateformes comme les cobas 6800/8800. Je ne suis pas nécessairement en désaccord, mais cette entreprise a été à la traîne ces derniers temps et je crains que les efforts de la société pour répondre rapidement à la crise de Covid-19 ne mettent en veilleuse jusqu’en 2021 des améliorations dont on a grandement besoin.

Il n’y a pas d’enchaînement élégant à cela, mais je voulais aussi noter que la direction de Roche a confirmé qu’elle continuait à travailler sur son système de séquençage de nouvelle génération basé sur les nanopores pour les diagnostics. L’entreprise n’a pas fait de bruit à ce sujet, et je me suis demandé si l’accord avec Illumina (ILMN) il y a peu de temps était le signe de problèmes plus importants, mais apparemment Roche considère cet accord comme une solution plus “provisoire” pendant qu’ils continuent à travailler sur la mise au point de leur technologie de nanopores NGS.

Le sas à vélo

Roche a également fait quelques annonces concernant son pipeline, les annonces les plus importantes étant les échecs. L’idasanutlin a échoué en phase III pour la LMA r/r, tout comme le balovaptan dans l’autisme adulte. Roche a également retiré du pipeline le Tecentriq pour le traitement adjuvant du cancer de la vessie invasif sur le plan musculaire, mais cela était déjà connu. La direction a également annoncé les résultats décevants de l’étude PASADENA de phase II sur le prasinezumab dans la maladie de Parkinson au stade précoce. Alors que le médicament (autorisé par Prothena (PRTA)) a montré quelques “signes d’efficacité” sur les paramètres secondaires, il a manqué le paramètre primaire. Bien que Roche n’ait pas encore mis fin au développement, je dirais que celui-ci est un cas désespéré.

Roche a également annoncé qu’il repoussait à 2021 l’étude de phase III du SPK-8011 pour l’hémophilie A afin de travailler davantage sur l’optimisation du dosage et de l’immunosuppression ; avec une barre haute pour les médicaments contre l’hémophilie (en raison de la disponibilité de médicaments comme Hemlibra), c’est logique, et les données des phases I/II devraient être disponibles en juillet. Roche a terminé le recrutement pour son étude de phase III sur le tominersen dans la maladie de Huntington et déposera une demande d’autorisation de mise sur le marché en 2022 ou avant.

La société a également lancé une étude de phase III sur Actemra dans les cas de covide-19 sévère. Je n’ai pas vraiment entendu beaucoup de ragots d’un côté ou de l’autre sur les premiers résultats de l’utilisation de ce médicament dans le cas du Covid-19, mais il vaut certainement la peine d’être étudié en l’absence d’une alternative clairement supérieure.

Les perspectives

J’ai procédé à quelques ajustements, principalement pour tenir compte de certains domaines de surperformance au premier trimestre (comme Hemlibra et Tecentriq) et pour élargir les possibilités de diagnostic de Covid-19. Ces changements ne modifient pas vraiment les perspectives fondamentales ; je continue de rechercher une croissance des revenus à long terme d’environ 4 %, avec une croissance du FCF légèrement meilleure. Après actualisation, ces flux de trésorerie permettent d’envisager des rendements à un chiffre élevé aujourd’hui.

L’essentiel

Roche n’a pas vraiment le prix pour être un surperformer. Même si Actemra s’avère efficace dans Covid-19, ce ne sera qu’un spot dans une perspective à long terme. Il n’en reste pas moins que Roche est un nom de croissance de qualité et, même si la marge de rendement par rapport au marché n’est peut-être pas très large, j’aime les caractéristiques défensives de la société et ses performances constantes. En conséquence, je suis toujours heureux de la posséder et je pense qu’il y a assez de potentiel pour mériter un appel à la hausse, à condition de ne pas rechercher un énorme potentiel de croissance à court terme.

Divulgation : Je suis/nous sommes long(e)s RHHBY. J’ai écrit cet article moi-même, et il exprime mes propres opinions. Je ne reçois aucune compensation pour cela (autre que celle de Seeking Alpha). Je n’ai aucune relation d’affaires avec une entreprise dont les actions sont mentionnées dans cet article.

Note de la rédaction : Cet article traite d’un ou plusieurs titres qui ne sont pas négociés sur une grande bourse américaine. Veuillez prendre connaissance des risques associés à ces titres.


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