La dissolution de la coalition qui a été formée il y a 14 mois entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) a été officialisée par la démission du Premier Ministre italien Giuseppe Conte. Ce divorce s’est annoncé depuis que le Ministre de l’Intérieur Matteo Salvini avait demandé l’organisation d’élections législatives anticipées le 08 août dernier.

Pour sortir l’Italie de cette situation, le Président Sergio Mattarella peut envisager plusieurs solutions. En effet, il peut choisir de former un gouvernement de transition pour préparer les prochaines élections, mais la formation d’un nouvel accord entre les partis politiques peut aussi entrer en jeu.

Dans cette optique, Mattarella a déjà commencé à recevoir les différentes formations politiques dans le cadre de ses consultations. L’objectif reste de former un nouveau gouvernement le plus rapidement possible.

L’Italie traverse une crise politique de grande envergure

La démission du Premier Ministre italien Giuseppe Conte répond à la déclaration du Ministre de l’Intérieur italien de mettre fin à la coalition entre le M5S et la Ligue. Cette dernière avait en effet permis la constitution du gouvernement en place depuis quatorze mois. L’approbation de cette démission par le Président Mattarella va contraindre ce dernier à consulter les divers partis politiques italiens pour identifier une formation majoritaire.

Un possible retour de Giuseppe Conte dans un gouvernement de transition

Le Premier Ministre italien sortant Giuseppe Conte bénéficie d’une belle cote de popularité auprès du Sénat, devant lequel il avait notamment annoncé sa démission le 20 août. La nécessité de former rapidement un gouvernement de transition va se présenter si aucune nouvelle coalition entre les partis politiques n’émerge.

En effet, un gouvernement est nécessaire pour élaborer la loi des finances italiennes de 2020, c’est-à-dire le budget de l’Etat et de ses Ministères. Cela est surtout essentiel pour éviter la hausse de 15% de la TVA, à cause du déficit budgétaire italien actuellement enregistré à près de 23 milliards d’euros. Le flou dans lequel se trouve la situation politique actuelle a été engendrée par les nombreux désaccords entre le M5S et la Ligue, dont l’idée d’une élection législative anticipée fut énoncée par le ministre de l’intérieur Matteo Salvini. Ce dernier aurait surtout voulu profiter de son succès dans les sondages et au niveau des élections européennes, lors desquelles il a obtenu 34% des votes, pour se hisser au sommet du gouvernement.

La fin du gouvernement populiste a lieu dans un contexte économique fragile pour l’Italie avec un endettement dépassant de 130% sa production intérieure brute (PIB), ainsi qu’une croissance stagnante. Dans le cas où les consultations effectuées par Mattarella n’aboutissent pas, un gouvernement de transition pourrait être mis en place, afin de continuer l’élaboration des plans budgétaires. A la tête de cette formation, Conte profite des meilleures chances pour être désigné, à moins qu’il ne refuse cette proposition. En attendant, le Premier Ministre démissionnaire se doit d’abord de régler les affaires courantes.

Les autres issues possibles à la crise politique italienne

Malgré la fin du gouvernement populiste, il est toutefois possible qu’une nouvelle coalition naisse entre le Parti Démocrate de Nicola Zingaretti et le Mouvement 5 étoiles. Cet accord a déjà été énoncé récemment par l’ancien premier ministre Matteo Renzi. Cela permettrait aux deux partis de disposer de 350 sièges sur 630, soit la majorité, et 177 sièges sur 319 au sénat.

Le parti centre-droit Forza Italia de Silvio Berlusconi, l’ancien Premier Ministre, pourrait également prendre part à cette coalition. Cette éventualité a notamment été présentée par l’ancien Premier Ministre et Président de la Commission Européenne Romano Prodi. Dans le cas où une telle coalition émergeait, on assistera à la naissance d’un gouvernement pro-européen.

Le Président italien Mattarella détient la clé de la crise

L’opposition montrée par le Président Mattarella quant à l’organisation des élections semble être en faveur de la recherche d’une alliance entre les différents partis politiques. La Constitution du pays lui impose par contre de consulter les chefs de file de ces partis, ainsi que les présidents des deux chambres parlementaires, pour la nomination d’un Premier Ministre.

Dans le cadre de la négociation d’une coalition, Nicolas Zingaretti, le chef du Parti Démocrate a énoncé cinq conditions, qui vont ainsi déterminer si des élections vont avoir lieu ou pas. Il prône ainsi que l’Italie reste au sein de l’UE, la garantie de la place centrale du Parlement, la mise en place de plans économiques respectueux de l’environnement, une meilleure gestion des immigrations et une politique plus stimulante à l’égard des investissements.

Ainsi, une éventualité est également amenée à avoir lieu, si aucun accord n’est trouvé par les partis. Dans ce cas, le Président Mattarella sera en effet contraint à appeler à l’organisation des élections législatives anticipées, proposées par Matteo Salvini. Celui-ci pourrait s’approprier une grande majorité des voix, d’après les résultats de ses sondages. Néanmoins, la tenue d’éventuelles élections anticipées en automne pourrait être repoussée par le Président italien. En effet, cette période, située entre octobre et novembre, correspond à la préparation du budget de 2020.