Alors que le cas de Huawei reste un sujet sensible dans les négociations commerciales entre les USA et la Chine, l’administration Trump vient d’ajouter officiellement 8 nouvelles entreprises chinoises à cette liste noire. Ces dernières sont notamment accusées par la Maison-Blanche d’être en violation des Droits de l’Homme, à l’encontre des groupes de minorités musulmanes établis dans la région de Xinjiang. 

D’ailleurs, ces accusations visent également 19 agences gouvernementales chinoises, ainsi que le bureau de la sécurité publique en charge de cette région autonome. Ainsi, ce sont en fait 28 nouvelles entités que le locataire du bureau ovale vient de blacklister et d’interdire l’accès au commerce et aux technologies américaines.

Des entreprises et entités gouvernementales chinoises blacklistées en vertu des Droits de l’Homme

Jusqu’à présent, la guerre commerciale Chine-USA qui perdure maintenant depuis plus d’un an a surtout ciblé des réformes industrielles, le respect de la propriété intellectuelle, le déficit commercial et la sécurité nationale américaine. C’est donc la première fois que les USA usent du volet des Droits de l’Homme contre la Chine.

Des entreprises de vidéosurveillance et d’intelligence artificielle blacklistées par les USA

A la veille des négociations pour la mise en place d’un éventuel nouvel accord commercial Chine-USA, l’administration Trump vient de mettre de nouvelles pressions sur Pékin. D’après le Département du Commerce US, l’intégration de ces 8 nouvelles entreprises chinoises à la liste noire, dont fait déjà partie Huawei, est basée sur des accusations de violations de Droits de l’Homme. 

En effet, ces firmes sont accusées d’être impliquées dans la campagne de répression et de détention arbitraires massives, ainsi que de déploiement de systèmes de surveillance de haute technologie qui visent les minorités chinoises musulmanes de la région autonome de Xinjiang. Parmi ces minorités qui subissent actuellement une forte répression de la part de l’autorité centrale chinoise, il y a entre autre les Ouïghours et les Kazakhs. 

Les nouvelles entreprises placées dans cette liste noire sont ainsi principalement des acteurs de la vidéosurveillance et de l’intelligence artificielle. Ces dernières ont notamment déployé plus de 200 millions de caméras de surveillance et d’équipements de reconnaissance faciale sur le territoire chinois. Entre autre, la liste noire inclus désormais SenseTime et Megvii, qui sont les deux principaux géants chinois de l’intelligence artificielle. 

Ces entreprises bénéficient d’ailleurs de l’appui du géant de l’e-commerce Alibaba et sont en voie de devenir les leaders de leur domaine d’activité. Dahua et Hikvision, spécialistes chinois de la vidéosurveillance et bénéficiant d’une capitalisation boursière de 42 milliards de dollars, ont également blacklistées par Trump. Ces entreprises ont déployé des caméras de surveillance dans de nombreux pays et bénéficie du tiers du marché mondial de la vidéosurveillance. 

Spécialisée en intelligence artificielle, iFlyteck et Yitu Technologies viennent aussi d’être exclu du commerce US. Xiamen Meiya Pico Information, œuvrant dans le secteur de la récupération de données, et Yixin Science and Technology, une entreprise de micro et nano-technologie, complètent le tableau.  

Une possible source de nouvelles tensions Chine-USA au dépend des négociations ?

En prononçant ces nouvelles mesures de pression, Donald Trump indique à Pékin qu’il maintient ses positions quant à ses réclamations. Cet avertissement est notamment émis alors que la rencontre de haut de niveau entre les principaux responsables commerciaux des deux pays est en cours, dans le but de mettre en place un nouvel accord. 

Néanmoins, Donald Trump déclare que malgré tout, il reste optimiste quant à l’issue de ce nouvel épisode des négociations. Il affirme même que ces dernières pourraient aboutir à une entente globale, bien que la signature d’un accord intérimaire ait dernièrement bénéficié de la plus forte probabilité. Cet optimisme du président américain vient surtout du fait qu’il vient de signer un accord commercial partiel avec le Japon. 

Cependant, il est probable que ces derniers ajouts à la liste noire de Trump risquent de refroidir les pourparlers. En effet, cette semaine, la délégation chinoise dirigée par le vice-premier ministre Liu He doit rencontrer le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Une décision prise depuis longtemps par Donald Trump

D’après les autorités américaines et chinoises, l’annonce de l’ajout de ces autres entreprises et entités gouvernementales à la liste noire US était prévue depuis plusieurs mois. D’ailleurs, la liste de ces entités aurait déjà été préparée dans le cadre du discours du vice-président Mike Pense que ce dernier aurait dû prononcé au niveau du sujet des Droits de l’Homme le jour de la commémoration du massacre qui a lieu sur la place Tiananmen. 

Cependant, cette annonce avait été repoussée pour diverses raisons, suivant la requête des autorités chinoises. Ces dernières espéraient surtout mettre en place un climat favorable pour la rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors du sommet du G20 à Osaka au mois de juin. 

A l’instar d’Huawei, les entités qui viennent d’être inscrites dans la liste noire américaine ne peuvent plus commercer avec les entreprises américaines, ni approvisionner l’administration américaine en matériels. Les sociétés US sont également interdites d’approvisionner ces entreprises chinoises en technologies américaines.