Le canal diplomatique entre les USA et l’Iran est toujours sous tension depuis que le gouvernement Trump s’est écarté de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 par Obama. L’Iran est soumis aux pressions des sanctions que les Américains ont remises en application et même alourdies. Les incidents d’attaques militaires survenues sur des bateaux et un drone américain dans la région du Golf ont même envenimé la situation.

Cette zone stratégique pour le commerce international inquiète de nombreux pays.
Tandis que l’Iran réclame la levée des sanctions américaines qui pèsent contre lui avant d’engager le dialogue, les Etats-Unis déclarent être prêts à accueillir Téhéran à la table des négociations s’il abandonne ses projets sur le nucléaire. Dans ce contexte, certaines conditions restrictives encadrent la visite du Ministre iranien des Affaires Etrangères, Mohammad Javad Zarif, lors de sa participation à la réunion des Nations Unies du 17 juillet 2019.

Une tension de longue date entre les USA et l’Iran

Les relations diplomatiques entre les Usa et l’Iran sont affectées depuis 1979 par la prise en otage de 52 citoyens américains par des Islamistes. Des sanctions avaient alors été appliquées envers Téhéran. L’accord de Vienne en 2015 incluant les grandes puissances mondiales, dont les USA, a permis d’établir un climat politique plus calme, en limitant les activités nucléaires de l’Iran en contrepartie de la levée des sanctions qui pèsent sur ce dernier.

Cette période a permis à l’Iran d’accroître leurs exportations, notamment pétrolières. Mais en mai 2018, Donald Trump annonce le retrait des USA de l’accord sur le nucléaire iranien et la reprise des sanctions.

Obama contre toutes activités nucléaires en Iran

Le président américain, Donald Trump, a toujours critiqué la signature de l’accord sur le nucléaire iranien par Obama. Pour contraindre Téhéran à abandonner toutes sortes d’activités liées au nucléaire, les USA sont sortis de l’accord de Vienne et ont repris l’application des anciennes sanctions économiques qui avaient été suspendues depuis 2016.
Les mesures appliquées contre l’Iran pèsent lourdement sur son économie, car sanctionne de nombreuses routes commerciales.

Entre autre, les entreprises qui utilisent le dollar dans leurs activités sont passives de sanctions si elles continuent de traiter avec l’Iran. C’est par exemple le cas de Total qui a dû quitter ce pays pour ne pas être puni par les Etats-Unis.

Par ailleurs, de nombreuses matières premières et produits d’exportation iraniens sont également victimes d’embargo, tout comme ses secteurs financiers. Face à ces pressions, Téhéran semble par contre être insensible et ne veut céder à aucune des requêtes américaines.

La réaction de l’Iran face à la politique de pression de Trump

Téhéran annonce que la décision des USA de rompre l’accord de 2015 sur le nucléaire remet ce dernier en cause. Le 8 mai, il lance un ultimatum aux puissances internationales signataires, de trouver une solution d’urgence aux restrictions qui lui sont imposées par les USA, sinon, il serait obligé de franchir certaines des limites énoncées dans l’accord de Vienne.

Devant l’incapacité de la France, la Russie, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Chine de l’aider, Téhéran a donc déclaré avoir renforcé son stock d’uranium hors des limites imposées par l’accord de 2015. Ainsi, l’Iran a acquis plus que les 300 kg de stocks et les 3,67% d’enrichissement en uranium prévus par l’accord. Les sanctions dont sont victimes Téhéran l’ont aussi amené à investir dans un programme de missiles balistiques ayant une portée pouvant atteindre différentes régions du Golf et des installations militaires américaines.

Face à la décision de l’Iran de ne plus respecter certaines clauses des accords sur le nucléaire, les USA ont appliqué d’autres sanctions visant les dirigeants iraniens, dont le chef suprême Ayatollah Ali Khamenei et le diplomate Mohammad Javad Zarif. Dans ce cadre, les comptes financiers de ces derniers pourraient être gelés.

Une impasse diplomatique entre Trump et l’Iran

La sévérité et la diversité des sanctions appliquées par les USA à l’encontre de l’Iran vont atteindre leurs limites, alors qu’aucun accord entre les deux pays ne semble encore être possible.

La relation américo-iranienne ne veut pas se désamorcer

Lors de son passage à New York pour prendre place dans la réunion de l’ONU concernant les objectifs de développement durable en 2030, Mohammad Javad Zarif a connu des restrictions de déplacement. En effet, bien qu’il s’est vu accordé un droit de visa de séjour par le secrétaire d’état américain Mike Pompeo, ses déplacements ont été limités à un certain périmètre.

A noter que les sanctions qui menacent le diplomate iranien n’ont pas encore été appliquées et pourraient être limitées dans leurs effets, puisse l’homme politique ne dispose d’aucun biens aux USA selon sa déclaration. D’autre part, il a aussi énoncé la possibilité pour son pays de revoir le cas des missiles balistiques, en échange d’un allégement des sanctions économiques appliquées à l’encontre de son pays.

De leurs côtés, les alliés des USA ont déclaré la création d’une coalition qui aura un rôle actif dans l’application d’un programme de sécurisation de la zone du Golf. Les pays membres, dont les USA, contribueront financièrement et matériellement à ce programme. Trump a également conseillé aux acteurs du secteur pétrolier qui fréquente cette zone de protéger leurs navires.