Si le président américain Donald Trump a déclaré être prêt à discuter avec Hassan Rohani, le président iranien, ce dernier n’a pas refusé, mais a rappelé ses conditions. Ces dernières invitent le dirigeant des Etats-Unis à annuler les contre-mesures qui pèsent sur la République islamiste.

Les deux nations ont notamment été toutes les deux présentes à Biarritz, lors du sommet du G7 du week-end dernier. Rohani a annoncé qu’il était essentiel que Washington réalise le premier pas en faveur du dialogue, car les sanctions qu’il a imposées allaient à l’encontre des lois internationales et ne sont pas justifiées.

En effet, les USA accusent l’Iran de continuer à développer des armes nucléaires. Téhéran soutient néanmoins que ses activités sont toujours restées d’ordre civil et n’ont jamais été dans l’intention de construire des bombes atomiques.

Les USA, l’Europe et l’Iran dans une impasse nucléaire

Le conflit qui oppose les USA à l’Iran met en péril l’accord sur le nucléaire signé à Vienne en juillet 2015. Par ailleurs, il nuit également au commerce dans le Golfe, où se trouvent les premiers pays exportateurs d’hydrocarbures.

Pour trouver une issue à cette impasse, le sommet du G7 a été l’occasion pour tous les dirigeants présents, Emmanuel Macron en tête, de contribuer au désamorçage du dossier.

Le dossier USA-Iran au sommet du G7

C’est en toute logique que le conflit opposant Washington à Téhéran a fait le sujet d’une grande partie des discussions lors du récent sommet du G7. En effet, l’impact mondial de ce dossier est basé sur le commerce pétrolier dans la région du Golfe et plus précisément dans le Détroit d’Osmuz. Ceux-ci sont notamment sujets à des altercations qui pourraient muer en affrontements guerriers. Or, cette partie du monde approvisionne le tiers de la consommation internationale en pétrole brut.

La conférence de presse qui a clôturé le sommet a entre autre permis de connaître les positions respectives des dirigeants. Entre autre, il s’avère que l’Europe et les USA sont toujours décidés à éviter que l’Iran devienne une puissance atomique. C’est d’ailleurs le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump qui se sont prononcés en même temps sur le sujet au niveau des médias.

Trump et Rohani, leurs conditions pour rétablir le canal diplomatique

Par contre, s’ils semblent s’entendre sur cette base, il en est tout autre concernant les positions qui en découlent. Cette situation avait été anticipée par Macron, qui a invité Mohammad Javad Zarif, le Ministre des affaires étrangères iranien, à se joindre au sommet, pour y rencontrer son homologue français Jean-Yves Le Drian.

Les dialogues ont notamment amené le président américain à accepter une rencontre avec son homologue iranien si ses propres conditions sont respectées. Par la suite, le président de la République islamiste a répondu que cette rencontre aurait lieu quand les USA auront levées les sanctions qui pèsent sur l’Iran.

A noter cependant que la venue de Javad Zarif a préalablement reçue l’accord de Trump. Le ministre iranien avait également été autorisé à assister à la réunion des Nations Unies à New York le 17 juillet dernier.

L’Iran subit la force de l’extraterritorialité du droit américain

Après la révolution islamique, l’Iran est lourdement sanctionné par l’ONU, les Etats-Unis et leurs alliés à cause de son programme nucléaire. Les sanctions sont levées après l’accord du JCPOA à Vienne en 2015, mais sont rétablies lorsque les USA décident de quitter l’accord.

En effet, Trump réclame l’arrêt de toutes les activités nucléaires iraniennes et de son programme balistique, mais également de sa politique de domination sur les autres pays du Golfe. Les sanctions pénalisent les relations commerciales iraniennes, surtout pour les exportations pétrolières, bases de développement économique du pays.

Les réactions de l’Iran face aux pressions américaines

Le rétablissement des sanctions américaines sur l’Iran ont amené ce dernier à commencer à enfreindre les limites de l’accord de Vienne, notamment concernant son stock d’uranium de qualité militaire.

Par ailleurs, la situation dans le Golfe a pris des tendances guerrières, avec les sabotages de navires et de stations pétrolières arabes, les arraisonnements de tankers et la saisie de leurs cargaisons. La destruction d’un drone américain a d’ailleurs failli décider Donald Trump d’ordonner une attaque aérienne sur l’Iran.

A noter que ce dernier a toujours nié concevoir des armes nucléaires, mais est par contre dans son droit d’exploiter le nucléaire civil grâce au Traité de non-prolifération dont il est signataire. Ces clauses sont d’ailleurs limitées dans le temps par l’accord de 2015, mais Donald Trump souhaite que ces limitations soient définitives pour que l’Iran ne puisse jamais développer ou détenir d’armes atomiques.

Actuellement, à cause des positions respectives des chefs américains et iraniens, la situation dans le Golfe risque de se prolonger si aucune issue n’est trouvée. Ainsi, l’Europe a pris une position d’entremetteuse, pour favoriser la rencontre entre Trump et Rohani. Celle-ci pourrait notamment avoir lieu à la fin du mois de septembre, lors de la prochaine réunion des Nations Unies. Selon les médias iraniens, si aucune issue n’est trouvée, les élections présidentielles américaines de 2020 pourraient solutionner le problème.