L’annonce de Facebook concernant le futur lancement de sa cryptomonnaie Libra a créé beaucoup d’effervescence et d’inquiétude. Notamment, le Président des Etats-Unis Donald Trump a déclaré clairement qu’il n’était pas un fan des monnaies virtuelles, lesquelles ne sont pas de l’argent et dont les valeurs dangereusement volatiles ne sont basées sur rien. Cette déclaration dévoile la forte méfiance du monde envers l’essor des monnaies numériques, même si le bitcoin est déjà en circulation depuis une décennie. Face à cette barrière psychologique mondiale, le géant du web Facebook pourra-t-il faire le poids ?

La Libra veut être la monnaie numérique universelle

C’est le 18 juin dernier que Facebook a fait l’annonce de son entrée dans le monde des cryptomonnaies avec la Libra. Celle-ci est une monnaie virtuelle basée sur l’utilisation d’une blockchain qui permet d’enregistrer toutes les transactions faites avec cette devise numérique. Cette technologie permet de sécuriser les paiements, et surtout de garder confidentiel toutes les informations concernant ceux-ci.

Libra : une monnaie électronique sans frontières

L’une des plus grandes force des cryptomonnaies consiste à permettre des paiements à l’international et ce avec une grande rapidité. Facebook a attribué la conception de la Libra à sa filiale CaLibra, sous la directive de David Marcus. Ce personnage bien connu a été entre autre à la Direction de Paypal, qui est l’un des moyens de transferts financiers internationaux les plus utilisés dans le monde. Il est présent sur tous les continents et supporte de nombreuses devises pour pouvoir payer des biens et des services, avec une sécurité optimale. Le père de la Libra a également dirigé la plateforme Facebook Messenger, proposant des discussions instantanées entre des utilisateurs situés dans les quatre coins de la planète. En tout, Facebook rassemble plus de 2 milliards d’utilisateurs et bien plus de comptes. De plus, CaLibra a été fondée avec la participation de 28 géants du numérique et des solutions de paiement, comme Visa et Paypal. Le lancement de la Libra est ainsi certain de toucher au moins les 3 milliards de clients qui utilisent les services de ces entreprises à travers le monde.

La Libra peut se démocratiser facilement grâce à Facebook

Avec ses milliards d’utilisateurs connectés presque au quotidien, Facebook est certain de créer le buzz avec le lancement de la cryptomonnaie Libra. Celle-ci sera mise en circulation en 2020 et son déploiement sera facilité par l’intégration à des applications mobiles telles que Messenger et Whatsapp. Une mise à jour de ces outils de discussion instantanée est donc dors-et-déjà prévue pour faciliter l’insertion de la monnaie virtuelle dans le quotidien de leurs utilisateurs. Ces derniers pourront ainsi s’envoyer des Libra ou acheter des biens et services directement depuis leurs mobiles. Cette simplification vise à convertir un maximum d’utilisateurs vers l’adoption de la cryptomonnaie, mais permettra surtout de donner à la Libra l’image d’une nouvelle tendance de mode. Les autres monnaies virtuelles comme Bitcoin et Ethereum voient leur propre avènement avec celui de la Libra. En effet, cette dernière peut également profiter d’un élan avantageux si Paypal et Visa l’intègrent dans leurs systèmes de transfert d’argent.

Le lancement de la Libra peut déterminer l’avenir des cryptomonnaies

Les craintes concernant l’essor des cryptomonnaies comme Libra découlent de leurs caractères décentralisés et intraçables. La mise en place d’un tel système monétaire parallèle à l’économie est encore vue d’un mauvais œil par de nombreux Etats et économistes. En effet, leurs valeurs se basent uniquement sur des algorithmes et le volume de leurs utilisations.

Les Etats peuvent-ils réellement interdire la cryptomonnaie Libra ?

Toutes les cryptomonnaies comme la Libra sont de nature décentralisées. Cela veut dire qu’elles bénéficient d’une totale indépendance et que leurs valeurs ne dépendent ainsi ni des Etats, ni des institutions financières. Donald Trump avertit néanmoins les sociétés créatrices des monnaies numériques pour qu’elles respectent les mêmes règles que les banques. Or, la seule relation des cryptomonnaies avec la monnaie fiduciaire est limitée à leurs achats et échanges contre des devises. Si les banques ne proposent actuellement pas ces services, il existe des sites web d’échange qui permettent d’acheter et de vendre des bitcoins et d’autres cryptomonnaies. De plus, du fait de sa simplicité d’utilisation via un téléphone, la Libra ne requiert aucune autre infrastructure pour circuler dans le monde. Il suffira de télécharger Facebook ou Whatsapp et de les installer sur un mobile pour pouvoir s’échanger des Libra. Les Etats et les institutions financières n’auront ainsi aucun droit de régulation sur la cryptomonnaie, mais peuvent par contre demander des comptes à la société Facebook si cela s’avère nécessaire.

Les mauvais côtés de la Libra et des monnaies virtuelles

La Libra peut fournir une excellente solution dans les pays émergents, comme l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud, où de nombreuses personnes n’ont pas accès aux banques. Avec la Libra, un portefeuille électronique permet de sauvegarder facilement des valeurs, mais aussi de les utiliser pour des achats. Néanmoins, l’intraçabilité des transactions effectuées avec les cryptos amène les gouvernements à s’interroger sur les mesures à mettre en place pour éviter qu’elles deviennent des niches pour les ventes illicites d’armes, de drogues et d’autres trafics illégaux. De plus, le fait est que ces monnaies virtuelles ne proposent pas une bonne stabilité pour pouvoir y adosser l’économie d’une nation. L’intégration des cryptomonnaies en parallèle à une monnaie locale peut également entraîner la chute de celle-ci et dans le même temps une paralysie économique nationale. L’essor des cryptomonnaies sera ainsi l’un des points de discussion du prochain sommet des pays du G7, pour faire face à ces craintes.