Le président iranien Hassan Rohani a déclaré lors de la séance de réunion de l’ONU mercredi à New York qu’il n’y aura pas de négociations avec les USA tant que les sanctions ne seront pas levées. Cette annonce a lieu alors que les pressions économiques envers la République islamique ont été renforcées par l’administration Trump depuis l’attaque aux drones sur deux installations pétrolières saoudiennes le 14 septembre. Elle met également fin aux efforts des autres pays signataires de l’accord sur le nucléaire iranien, la France en tête, de mettre en place les meilleures conditions pour la reprise du dialogue entre les protagonistes.

Ainsi, le suspens qui a régné durant cette réunion des Nations Unies, quant au volet USA-Iran, est tombé et a alourdi les inquiétudes géopolitiques concernant les altercations dans la région du Golfe, ainsi que le commerce du pétrole.

Le président iranien rappelle les conditions à d’éventuelles négociations

C’est à la seule condition que les sanctions américaines pesant sur son pays soient annulées que le président iranien Rohani promet de rencontrer son homologue américain. Cette déclaration fait suite aux appels des Européens à organiser un tête-à-tête entre les deux chefs d’Etat. En effet, la tension entre les deux pays est à son comble depuis que les soupçons pèsent contre l’Iran concernant les attaques aux drones qui ont frappé les installations de la firme pétrolière saoudienne Aramco.

Rohani critique la sincérité des Américains à vouloir dialoguer

Durant son élocution devant les dirigeants des pays composant l’ONU, le président iranien a interpellé les Américains à arrêter de simuler des négociations et a également mis fin aux espoirs des Européens quant à une rencontre avec Trump. En effet, il y a rappelé les conditions à un tel dialogue qu’il avait déjà évoqué lors de la réunion du G7 à Biarritz. Ainsi, tant que les embargos américains sur les secteurs d’activité iraniens ne sont pas levés, les portes du canal diplomatique resteront fermées.

Selon Rohani, un tel face-à-face doit obligatoirement être précédé par le respect des termes de l’accord de Vienne conclu en 2015 entre l’Iran, les USA, la France, l’Allemagne, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni. Or, l’application des sanctions américaines au lendemain de la sortie unilatérale des USA de cet accord en 2018 constitue un obstacle même à ce dernier.

Les menaces de ripostes américaines pèsent toujours sur l’Iran

Le discours du président iranien était très attendu par cette assemblée des Nations Unies, mais il s’avère que la situation est loin d’être facile à résoudre. Les autres membres de l’accord ont réalisé un véritable ballet diplomatique entre Trump et Rohani pour créer un climat favorable à une rencontre. Le refus du président iranien à rencontrer son homologue américain et accéder aux demandes des Européens est également dû aux menaces de ripostes américaines.

En effet, Trump a déclaré que les preuves accablaient l’Iran concernant la destruction des installations pétrolières saoudiennes. Entre autre, les enquêtes ont démontré que les armes utilisées étaient d’origine saoudienne contrairement aux revendications des rebelles yéménites houthis. Cependant, les USA ont déclaré être encore en attente des conclusions définitives des enquêtes menées conjointement par la coalition saoudienne, les enquêteurs de l’ONU et des régions voisines, pour prendre les mesures adéquates contre le coupable.

L’accord sur le nucléaire iranien est de plus en plus menacé

Malgré avoir déclaré lors du sommet de G7 à Biarritz qu’il est prêt à engager le dialogue avec le président Hassan Rohani, Donald Trump s’est également rétracté. En effet, il vient de déclarer à New York, lors de l’assemblée des Nations Unis, qu’une telle rencontre ne pourrait avoir lieu compte tenu des circonstances et des soupçons qui pèsent sur Téhéran concernant l’attaque de sites d’exploitation pétrolière en Arabie Saoudite.

Les signataires du JCPO prévoient un nouvel accord

D’ailleurs, le président US a également annoncé que les sanctions appliquées contre l’Iran seront durcies si Téhéran ne démontre pas une attitude plus pacifique. C’est dans ce contexte que Mike Pompéo, le chef de la diplomatie américaine chargé des négociations avec l’Iran, a annoncé que les sociétés chinoises qui ont transporté des cargaisons de pétrole depuis l’Iran seront sanctionnées.

Par ailleurs, Federica Mogherini, la Représentante de l’UE, a également souligné la difficulté croissante à faire respecter l’accord sur le nucléaire iranien. En effet, L’Elysée, Berlin et Londres jugent également Téhéran comme responsable des attaques en Arabie Saoudite. Apparemment, l’accord de Vienne de 2015 est donc en voie d’être dissout et les membres signataires, dont surtout les USA, ont d’ailleurs émis le besoin de la mise en place d’une nouvelle entente. Ce prochain accord devrait être basé sur l’interdiction des iraniens de mener toutes activités nucléaires, que ce soit civiles ou militaires.

Actuellement, l’accord de Vienne interdit en effet à l’Iran de disposer d’uranium de qualité militaire et limite également le volume de stock autorisé à des fins civiles. Cependant, Hassan Rohani déclare que l’accord du nucléaire iranien était le minimum pour tous les signataires. Ainsi, si un accord plus global est recherché, les conditions et les garantis devront y être également adaptés.