Depuis plusieurs semaines, les marchés attendent la réunion de la FED du mois de septembre avec la certitude que Jerome Powell et son équipe vont réduire une nouvelle fois les taux d’intérêt. D’ailleurs, la semaine dernière, Trump avait twitté en faveur d’un taux nul, voire négatif, afin de pouvoir être en mesure de rivaliser avec la politique monétaire d’autres pays, comme le Japon et l’UE. Il avait même monté d’un cran le ton contre les décideurs indépendants de la FED, outrepassant le statut d’indépendance de la banque centrale monétaire vis-à-vis du gouvernement.

Néanmoins, malgré les certitudes d’une deuxième baisse de ses taux, l’institution pourrait faire face à une décision difficile au vu des récents évènements locaux et internationaux.

Un contexte favorable à un taux d’ajustement de milieu de cycle

Si de nombreux facteurs, comme la guerre commerciale et les résultats décevants du premier trimestre, avaient pesé en faveur d’une baisse des taux à la fin du mois du juillet, d’autres événements récents pourraient en effet venir contrebalancer la politique monétaire de la FED pour ne pas répondre aux appels incessants de Donald Trump en faveur d’une longue série de réduction des taux d’intérêt. D’ailleurs, même sous la pression du président américain, la dernière baisse des taux n’avait atteint qu’un quart de points.

Les gestes de bonne volonté sino-américaine peuvent influer sur la réunion de la FED

Même si une autre baisse des taux d’au moins 0,25% était certaine à 100% il y a quinze jours et à 95% il y a seulement une semaine, cette probabilité ne s’élève plus aujourd’hui qu’à 65%. En effet, à la veille de la réunion de la FED, de récents évènements vont peser dans la prochaine décision de Jerome Powell. Ce dernier est également réputé pour surprendre les marchés avec ses déclarations. C’était le cas en octobre 2018, lorsqu’il a annoncé après une série de montée des taux que d’autres hausses restaient à prévoir.

Actuellement, les marchés ont des raisons de douter que leurs espérances quant à une seconde baisse, laquelle était attendue depuis tellement de temps, puisse finalement ne pas avoir lieu. Cette baisse de confiance est notamment dû aux récentes améliorations qui ont été constatées au niveau des relations entre Washington et Pékin. En effet, les deux gouvernements se sont démontrés des preuves de bonne volonté la semaine dernière, améliorant les conditions de la prochaine rencontre prévue au mois d’octobre.

Or, la guerre commerciale Chine-USA avait été l’un des principaux facteurs considérés par la FED pour la baisse des taux en juillet. D’ailleurs, les dernières escalades du conflit, depuis la menace de Trump sur les 300 milliards de produits chinois restants, avaient été perçues par les marchés comme étant la certitude d’au moins deux autres baisses de taux d’ici la fin de l’année. Les améliorations constatées au niveau des relations sino-américaines réduisent les risques qui pèsent sur les marchés et la probabilité d’une autre baisse des taux par la même occasion.

Les actualités pétrolières risquent d’entraver l’attendue baisse des taux

Après les attaques aux drones subies samedi par deux installations pétrolières d’Arabie Saoudite, le cours du pétrole a montré une hausse rapide. Actuellement, le Brent atteint 66,29 USD/baril après une hausse de 10,08%, tandis que le brut léger américain est monté à 59,77 USD/baril, soit une hausse de 8,97%.

Cette montée des prix est due à une réduction de 5% de l’offre mondiale en pétrole, soit le recul engendrée par l’arrêt de fonctionnement des deux sites saoudiens. Pour l’économie US, cette hausse des prix du brut est bénéfique aux firmes pétrolières américaines. Dans l’immédiat, elle se combine avec des signes de redressement pour promettre un bon support de l’inflation.

En effet, les données de vendredi dévoilent une amélioration de la confiance des entreprises et des consommateurs, soulignée par de bonnes performances de la vente au détail. Ces combinaisons pourraient également dissuader la FED à baisser ses taux et confirmer que la réduction effectuée en juillet était uniquement un ajustement de milieu de cycle.

Une seconde baisse des taux, la plus forte probabilité malgré tout

Les récentes actualités économiques et géopolitiques ont réduit la certitude qu’une baisse des taux sera effectivement adoptée par la FED. Néanmoins, il n’est pas à oublier que la guerre commerciale avait déjà démontré des signes d’améliorations par le passé, mais ces dernières n’ont pas empêché les USA et la Chine de relancer le conflit avec des mesures de plus fortes ampleurs.

D’ailleurs, jusqu’ici, rien ne certifie que la prochaine rencontre prévue en octobre y mettra fin. En effet, les revendications de Donald Trump incluent diverses réformes économiques, politiques et sociales du régime socialiste chinois. Les négociations peuvent ainsi s’avérer complexes de part et d’autre. Cette incertitude va particulièrement influer sur la décision de réduction des taux de la FED.

Par ailleurs, concernant le marché du pétrole, Trump a autorisé l’accès aux réserves stratégiques nationales, pour contenir la hausse des cours. En effet, une flambée des prix nuirait aux consommateurs et à sa campagne de réélection, à la veille des élections présidentielles américaines de 2020.