Contrairement aux prévisions économiques de la FED, la mégabanque américaine Goldman Sachs estime que l’ampleur des conséquences du conflit commercial avec la Chine va être plus négative que prévue. En effet, les nouvelles menaces de Donald Trump concernant des taxes douanières de 10% sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises restantes ont marqué l’escalade.

L’Empire du Milieu a réagi avec des mesures de représailles au niveau de ses importations agricoles d’origine américaine et a également laissé déprécier sa monnaie pour contourner les tarifs douaniers.

Les risques de ralentissement de l’économie américaine vont ainsi être favorisés par la fermeture du canal diplomatique entre Washington et Pékin. Selon Goldman Sachs, une entente commerciale entre la Chine et les USA ne serait maintenant plus prévu qu’après les prochaines élections présidentielles de 2020.

L’escalade commerciale sino-américaine : une période de récession en vue

La banque d’investissement Global Sachs a revu toutes ses prévisions à la baisse concernant les futures données économiques américaines. Elle a notamment inclu les inquiétudes des investisseurs, ainsi que la prudence pouvant être adoptée par les entreprises face aux incertitudes de croissance.

Un ralentissement économique global prévu par Goldman Sachs

La politique de protectionnisme commercial adopté par le président américain actuel Donald Trump est perçue comme étant le principal facteur de risque d’une récession. Entre autre, Global Sachs a dévoilé de nouvelles prévisions économiques, dévoilant entre autre une baisse de 0,6% du PIB annuel. La prévision précédente annonçait en effet seulement une baisse de 0,2%. Cela démontre ainsi que l’escalade des tensions commerciales aura un impact plus important que prévue, même si les rapports de la FED démontraient encore une économie solide et un certain potentiel de croissance. Les prévisions de croissance pour le dernier trimestre 2019 vont également subir un impact négatif selon Goldman Sachs.

Ainsi, le taux de croissance économique est maintenant prévu à 0,2% de moins que les 1,8% annoncés précédemment. Ces nouvelles prédictions se basent sur l’impact des actualités économiques et géopolitiques sur les futurs comportements des entreprises US. Ces dernières vont surtout opter pour la prudence et freiner leurs dépenses jusqu’à ce qu’une entente commerciale entre les deux grandes puissances soit mise en place. Cela aura un impact sur les nouveaux investissements, mais également sur la création d’emplois et la production manufacturière.

Le ralentissement des entreprises aura également des répercussions préjudiciables sur les cours des marchés boursiers. Mais les tarifs douaniers auront surtout des répercussions sur les consommations des ménages américains. En effet, ce sont les entreprises qui devront d’abord s’acquitter des coûts douaniers, pour les répercuter ensuite au niveau des prix de grande distribution. La période de récession prévue sera ainsi marquée par une inflation causée par la baisse du pouvoir d’achat américain.

Des probabilités solides sur une série de baisse des taux par la FED

Les risques d’un ralentissement économique sont de plus en plus palpables à cause de l’escalade commerciale entre la Chine et les USA. Les données reçues par la FED (banque centrale américaine) à la fin du mois de juillet ne lui permettaient pas encore de décider sur la réalisation d’autres baisses des taux d’intérêt. Mais la dégradation du conflit commercial entre les deux grandes puissances a été qualifiée par Jerome Powell comme étant l’un des facteurs qui pourraient nécessiter d’autres prochaines baisses des taux d’ici la fin de l’année.

Or, une baisse des taux d’intérêt aura des répercussions au niveau du cours du dollar. Une dévaluation de celui-ci est notamment sollicitée par Donald Trump pour redynamiser le commerce. Les investisseurs pourraient selon lui également profiter d’un dollar moins cher pour réaliser leurs projets via des emprunts plus abordables au niveau des banques et créer de l’emploi. Néanmoins, la réalisation de ces attentes du président américain sont mises en doute par Goldman Sachs qui prévoit un ralentissement économique à moyen terme.

Les conséquences financières du conflit commercial entre les USA et la Chine

Bien que certaines entreprises locales américaines liées à la métallurgie voient d’un bon œil la politique d’application des taxes douanières de Donald Trump, d’autres en revanche sont plus sceptiques. Ces derniers craignent entre autre une réduction du PIB américain et de la consommation. Ces conséquences peuvent également se répercuter au niveau du marché de l’emploi, avec une augmentation significative du taux de chômage. En effet, la hausse des prix des biens d’importation risque de grandement freiner les consommations nationales.

Néanmoins, les importations ne représentent que 10% du PIB national, tandis que les exportations ne représentent que 15% du PIB américain. Actuellement, il faut surtout noter que c’est la consommation qui assure le rôle de moteur économique aux USA. Cela est basé sur le principe d’achat sur crédit dont bénéficient les ménages depuis 10 ans. Les risques de ralentissement seraient ainsi surtout localisés au niveau des investisseurs qui remplacent petit à petit les banques dans le financement des fonds d’entreprises.

Les inquiétudes économiques peuvent en effet dissuader les entreprises d’investir ou d’adopter de nouveaux projets d’expansion. Les institutions financières se basent en particulier sur trois facteurs pour clés pour prédire leur avenir financier, dont l’évolution du PIB, les prix des biens de consommation, les dépenses et les taux d’intérêt.