Une prochaine réunion de la FED, la banque fédérale américaine, le 30 octobre pourrait se conclure par une nouvelle baisse des taux d’intérêt. Cette anticipation du marché est basée sur le fait que les derniers résultats dévoilés par les indicateurs économiques US ont dévoilé des reculs inquiétants.

Actuellement, le baromètre des taux de la FED indique une augmentation de la probabilité que les taux vont être une nouvelle fois assouplis dans l’objectif de soutenir la croissance économique américaine. En effet, alors que cette probabilité n’était que de 47% la semaine dernière, elle vient de passer à 88,6% au vue de ces résultats décevants.

Les conditions d’une autre baisse des taux commencent à se dévoiler

Les marchés viennent de découvrir que les indicateurs économiques US ont été largement en baisse par rapport aux prévisions. Bien que le risque de récession ait été écarté ces dernières semaines, à cause de l’apparente solidité de la croissance américaine démontrée par les anciennes statistiques, les investisseurs doivent actuellement faire preuve de prudence. Dans les conditions actuelles, la FED aura toutes les raisons de réduire davantage les taux d’intérêt.

Le risque de récession de l’économie américaine se renforce

Les statistiques économiques du mois d’août avaient démontré que les USA profitaient d’une bonne résistance à la guerre commerciale et au ralentissement économique mondial. Entre autre, le taux d’inflation n’était que de 1,4%, avec un faible taux de chômage de 3,7% et une légère croissance de 2% du secteur manufacturier. Malgré ces chiffres rassurants, la FED avait abaissé ses taux d’un autre quart de point.

Actuellement, les statistiques démontrent une non-atteinte des prévisions. Entre autre, l’indice des directeurs d’achat PMI manufacturier publié ce mardi par l’ISM (Institut de Gestion des Approvisionnements) affiche que le mois de septembre a connu une contraction par rapport au mois d’août. En effet, cet indice était de 49,1 au mois d’août et a baissé à 47,8 au mois de septembre. Cette chute des commandes en produits manufacturiers est également opposée aux prévisions, qui estimaient une expansion à 50,4.

Par ailleurs, l’indice du rapport national américain ADP qui reflète l’évolution mensuelle du secteur de l’emploi privé non-agricole est également en baisse par rapport au mois d’août pendant lequel 157 000 postes avaient été créés. Au mois de septembre, ce chiffre s’est réduit à 135 000 emplois. Ici encore, les résultats n’ont pas atteint les prévisions qui tablaient pour 140 000 nouveaux postes.

Par ailleurs, l’indice des Directeurs d’achat du secteur non-manufacturier ou des PMI Services a également été publié par l’ISM et démontre que le mois de septembre n’a pas non plus été favorable à ce secteur. En effet, il est à 52,6 pour le mois de septembre, alors que les prévisions tournaient autour de 55 et que le mois d’août était à 56,4.

Les autres facteurs considérés par la FED pour abaisser les taux

Le rapport NFP sur la création d’emploi et les inscriptions au chômage sont également attendus pour compléter les résultats du mois de septembre. Néanmoins, les statistiques déjà disponibles révèlent un net recul de la croissance économique US. Ces indices sont notamment utilisés par les traders pour anticiper la variation haussière ou baissière du cours du dollar. En outre, il reflète les difficultés économiques traversées par les divers secteurs piliers de la croissance américaine.

Dans le cas où la création d’emplois a été en hausse au mois de septembre, il est néanmoins probable que la FED soit contrainte d’abaisser ses taux de 0,25% voire plus, à cause de la combinaison négatives de plusieurs indicateurs économiques. Néanmoins, d’autres facteurs géopolitiques pourraient également entrer en jeu dans la prise de décision de Jerome Powell et des autres membres de la FED.

Pourquoi les taux pourraient ne pas être réduits par la FED en octobre ?

En dehors des statistiques économiques décevantes du mois de septembre, la FED inclurait probablement les contextes géopolitiques parmi ses facteurs de décisions de politique monétaire. Entre autre, un accord avec la Chine pour sortir de la guerre commerciale serait un facteur favorable à un maintien du taux actuel.

D’ailleurs, une rencontre entre les principaux responsables commerciaux américains et chinois est prévue ce mois-ci, en vue de négocier une entente entre les deux premières puissances économiques mondiales. Même si cet accord serait temporaire, selon les informations actuellement disponibles, il s’ensuivrait une remise en confiance des investisseurs et une relance du commerce.

Par ailleurs, les répercussions des conflits dans la région du Golfe au niveau du secteur pétrolier sont également à considérer. En effet, la baisse de production dans ces pays favoriserait les entreprises pétrolières américaines qui exploitent les gisements de brut et de gaz de schiste. Ces activités offriraient un soutien considérable à l’économie US, avec des revenus supplémentaires pour les caisses du Trésor américain.

Cependant, de nouvelles inquiétudes liées à une éventuelle guerre commerciale USA-Europe se profilent également à l’horizon et pourraient accélérer encore plus le ralentissement de l’économie mondiale. Cela pourrait contraindre la FED à encore réduire ses taux en octobre et satisfaire aux appels de Donald Trump à appliquer des taux nuls voire négatifs.