Alors que le président iranien Hassan Rohani a fermé la porte à une éventuelle rencontre avec son homologue américain durant le sommet des Nations Unies à New York, Donald Trump a annoncé le renforcement des sanctions à l’égard de la République islamiste.
C’est dans ce cadre que Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a déclaré mercredi que des sanctions seront appliquées contre les entreprises chinoises accusées d’avoir continué à importer du pétrole iranien malgré l’embargo imposé par les USA.

La Chine vient de dénoncer ce jeudi les menaces de sanctions annoncées qui pèsent sur ses entreprises et a émis de forts critiques à l’égard de l’administration Trump et de ses pratiques de sanctions unilatérales qui frôlent l’illégalité.

La Chine s’oppose aux sanctions des USA concernant ses cargaisons de pétrole iranien

Accusé par les USA de continuer d’acheminer du pétrole venant de l’Iran, des entreprises chinoises vont subir des mesures de rétorsion américaine. En effet, depuis le retrait unilatéral des Américains de l’accord sur le nucléaire iranien, ces derniers ont imposé plusieurs embargos sur les activités Iraniennes, dont le commerce du pétrole. Cette mesure américaine vise à priver la République islamiste de sa principale source de revenu, afin de la contraindre à conclure une nouvelle entente en remplacement de l’accord de Vienne du JCPOA.

Durcissement des sanctions américaines contre l’Iran

La décision américaine de renforcer les sanctions appliquées contre l’Iran font suite aux attaques aux drones subies par deux installations pétrolières de l’entreprise saoudienne Aramco. En effet, l’évolution de l’enquête concernant ces évènements font peser de lourds soupçons sur la République islamiste, malgré qu’ils aient été revendiqués par les rebelles yéménites houthis qui bénéficient du soutien iranien.

Parmi les preuves actuellement récoltées par l’enquête menée conjointement par la coalition saoudienne et les Nations Unies, il s’avère que les technologies militaires impliquées dans ces attaques soient d’origine iranienne. Par ailleurs, les investigations ont également démontré que les drones qui ont détruits les infrastructures pétrolières saoudiennes n’ont pas été lancés depuis le Yémen. A noter que ces attaques sont à l’origine d’un recul de 5% de la production en brut mondial, à cause de l’arrêt d’activité des principaux sites de la société Aramco.

Face aux soupçons qui pèsent sur l’Iran et les lourdes répercussions de cette attaque sur l’approvisionnement énergétique mondiale, Donald Trump a annoncé à l’assemblée des dirigeants des pays membres de l’ONU que les sanctions contre l’Iran vont être durcies. Cela signifie entre autre l’application de lourdes sanctions contre les pays qui persistent à acheter du pétrole ou à faire du commerce avec les entreprises iraniennes.

Ces sanctions consistent surtout à l’intégration des entreprises sanctionnées à une liste noire, pour leur interdire le commerce avec les entreprises américaines. Les sanctions incluent aussi la fermeture du système financier américain et l’interdiction d’utilisation du dollar, qui est la principale devise du commerce international. Les pays d’origine de ces entreprises peuvent également subir des taxes douanières punitives.

La Chine, première importatrice en pétrole iranien, victime des sanctions américaines

Sur les 1,7 millions de barils exportés par l’Iran au mois de mars, Pékin est resté en tête des achats journaliers, avec près de 628 000 barils. Après l’annonce des sanctions américaines contre les entreprises chinoises accusées d’avoir transporté du pétrole depuis l’Iran, la Chine a exprimé sa forte opposition et son mécontentement, par l’intermédiaire de Geng Shuang, le porte-parole de la diplomatie chinoise. Celui-ci a également souligné la violation, que constituent les sanctions américaines, vis-à-vis des normes des relations internationales, des droits et des intérêts des pays.

Face aux menaces de l’administration Trump, il ajoute également que la Chine est résolue à s’opposer à ces sanctions et à soutenir ses entreprises. Le porte-parole a aussi averti que les mesures nécessaires seront prises pour la protection des intérêts des sociétés chinoises visées par les sanctions US. Ce conflit supplémentaire risque de peser encore plus sur les négociations commerciales entre les deux premières puissances mondiales.

Cette situation menace de réduire à néant les gestes de bonne volonté démontrés par Washington et Pékin, voire de compromettre les négociations prévues en octobre entre les principaux responsables commerciaux des deux pays. En effet, alors que le dossier Huawei n’est pas encore clos, d’autres entreprises chinoises risquent aussi d’être ajoutées à la liste noire américaine. Ces entreprises risquent également le gel de leurs comptes en dollar et l’interdiction d’entrée de leurs dirigeants aux USA.

Pourquoi des embargos américains pèsent sur l’Iran ?

En isolant complètement la République islamiste du commerce international, Trump veut amener celle-ci à se soumettre à ses conditions. En effet, en plus d’être suspectée de mener un programme d’armement nucléaire, l’Iran est également soupçonné de financer des organisations terroristes comme le Hezbolah.

De plus, les USA veulent également l’arrêt du programme des missiles balistiques iraniens, dont la longue portée menace toute la région du Golfe, dont des sites militaires américains. Constituant 40% des ressources financières de Téhéran, le pétrole iranien est ainsi complètement interdit d’importation par les USA depuis début mai. L’administration a en effet menacé de sanctions tous les pays qui continueraient à acheter l’or noir iranien.

Avant cette date, une dérogation américaine autorisait encore l’importation de brut iranien par huit pays, dont le Japon, Taïwan, la Corée du Sud, l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Inde et la Chine. Par ailleurs, les USA veulent également que ses entreprises puissent exporter le pétrole et le gaz de schiste américain. De plus, comme la Chine est le premier client de l’or noir iranien, l’embargo sur la République islamiste vise aussi à renforcer les pressions sur Pékin dans le cadre de la guerre commerciale.