Les inquiétudes continuent de peser face à l’absence d’un accord qui permettra au Royaume-Uni de sortir en douceur de l’Union Européenne. Boris Johnson a présenté la semaine dernière sa proposition d’accord de la dernière chance pour la réalisation du processus du Brexit à la Commission Européenne. Il avait ainsi prévenu que si Bruxelles n’engage pas le dialogue sur la base de cette dernière proposition, le Royaume-Uni n’engagera plus d’autres négociations.

Or, bien que des plans de soutien de l’économie et des entreprises britanniques aient déjà été annoncés, l’absence d’un accord risque d’entraîner le pays dans une grave crise. D’ailleurs, les répercussions d’un no-deal toucheront l’ensemble de l’Europe et affaiblira certainement l’économie mondiale. C’est dans cette optique que la déclaration de Michel Barnier, négociateur européen du Brexit, vient de rassurer les marchés. En effet, selon ses propos, il reste une chance pour qu’un accord puisse encore émerger cette semaine.

Le travail persévère pour la mise en place des accords du Brexit

C’est au 31 octobre que Boris Johnson a limité le délai quant à la signature des accords liés au Brexit. Au-delà de ce temps imparti, le premier ministre britannique a affirmé que le Royaume-Uni initierait quand même le processus de sortie, qu’une entente ait été trouvée ou pas. 

Face à l’urgence de la situation, à l’approche rapide de cette date butoire, il avait présenté une dernière offre à Bruxelles la semaine passée et a également déclaré que le Royaume-Uni s’en irait préparer sa sortie dans le cas où les négociations resteraient encore bloquées.

L’Europe reste optimiste quant à l’élaboration de l’accord du Brexit avec le Royaume-Uni

L’établissement d’un accord permettrait au Royaume-Uni et aux pays membres de l’UE de limiter les répercussions négatives du Brexit. En effet, si aucun accord n’est finalisé, l’économie britannique risque d’en pâtir en premier, avec l’annulation de tous les avantages liés à la politique de libre échange, dont bénéficient actuellement les pays membres de l’UE. 

Entre autre, la reprise des pleins tarifs douaniers risque de freiner les échanges commerciaux, aussi bien les importations que les exportations. Les services financiers entre le Royaume-Uni et l’Europe deviendront également plus difficiles et pénaliseront de nombreux secteurs d’activité dans l’UE. Ainsi, aussi bien les négociateurs britanniques qu’européens ont bien mesuré l’importance de parvenir à un accord qui atténuera les impacts du Brexit. 

C’est dans cette optique que Michel Barnier s’est exprimé à la presse mardi matin pour rassurer les marchés. Il a notamment déclaré que l’atteinte d’un accord reste possible et que cela pourrait même être concrétisé cette semaine.

Les difficultés pour l’établissement d’un accord pour le Brexit

C’est notamment à cause des difficultés de mise en place d’un accord entre Londres et Bruxelles que Theresa May, l’ancien Premier Ministre britannique, a dû céder ses fonctions à Boris Johnson, le chef du gouvernement britannique actuel. En effet, la version de l’accord que Theresa May a présenté devant le parlement britannique a été refusée, en raison des termes liés au Backstop. 

Ce dernier, nommé également filet de sécurité, vise à empêcher le retour à une frontière physique entre la République d’Irlande et la province d’Irlande du Nord, lequel avait voté massivement pour rester au sein de l’UE. Or, cette clause prévoit le maintien du Royaume-Uni sous les règlementations du marché unique, et empêche ainsi Londres de négocier de nouveaux contrats avec d’autres pays, sans l’aval de l’UE. 

Dans son état actuel, le contrat impose également aux entreprises britanniques de suivre les normes en vigueur au sein de l’UE. La dernière proposition de Boris Johnson se base sur le fait de laisser l’Irlande du Nord rester au sein de l’UE jusqu’en 2025. Cette mesure nécessiterait néanmoins la mise en place d’une double frontière, dont dans la Mer d’Irlande entre l’Irlande du Nord et le Royaume-Uni, ainsi qu’entre la République d’Irlande et la province d’Irlande du Nord.

Des négociations en vue pour les ententes du Brexit

Alors que la semaine dernière, les responsables européens s’étaient abstenus de donner des réponses officielles à la dernière offre de Boris Johnson et ont alourdis les inquiétudes des marchés, ils avaient cependant déclarés être alarmés par le ton sévère de l’ultimatum imposé par le Premier Ministre britannique. 

Néanmoins, la déclaration de Michel Barnier de ce mardi matin a considérablement adoucit les tensions. Il a entre autre déclaré que les ministres de l’UE 27 seront briefés normalement quant à la situation avec le Royaume-Uni. Il a néanmoins souligné que même si un accord reste possible, il reste énormément de travail, bien que de grands efforts ont déjà débutés  depuis la semaine dernière. La difficulté réside cependant sur le fait que les deux partis doivent réciproquement bénéficier des avantages d’une éventuelle entente. Il ajoute également que le travail de rédaction juridique de cette dernière est également bientôt prévu. 

Face à ces nouvelles positives, les marchés ont pu observer une certaine montée du Livre Sterling, reflétée par la progression du GBP/USD qui a dévoilé un pic à 1,2697. Cette hausse permet notamment à la paire de se rapprocher de l’ancien sommet enregistré il y a 3 mois à 1,2706. La continuité de cette progression fait néanmoins face au seuil de résistance psychologique de 1,27.